POLITIQUE
30/03/2015 09:16 EDT | Actualisé 30/03/2015 09:18 EDT

Les Britanniques aux urnes le 7 mai

Francois Mori/AP
British Prime Minister David Cameron arrives for an EU summit in Brussels on Friday, March 20, 2015. EU leaders on Friday are looking to back U.N.-brokered efforts to form a national unity government in conflict-torn Libya that may include a possible mission to help provide security. (AP Photo/Francoise Mori)

La campagne pour les législatives du 7 mai débute officiellement aujourd'hui en Grande-Bretagne, à cinq semaines et demie d'un scrutin qui s'annonce très indécis.

Illustration de cette incertitude, deux sondages publiés dimanche donnent des résultats exactement inverses. L'un crédite les conservateurs du premier ministre David Cameron d'une avance de quatre points sur le Labour, l'autre donne le même écart pour les travaillistes d'Ed Miliband.

Un point fait cependant l'unanimité des instituts d'enquête : aucun parti ne remportera une majorité à lui seul.

Le paysage politique est très fragmenté et un premier débat télévisé organisé jeudi opposera, outre les chefs des deux grands partis, les dirigeants de cinq autres formations.

Conformément à un rituel ancré dans la tradition, David Cameron s'est rendu lundi matin à Buckingham Palace pour demander à la reine Élisabeth II l'autorisation de dissoudre le Parlement, mettant fin symboliquement à cinq ans de gouvernement de coalition entre les conservateurs et les libéraux démocrates.

Le chef du gouvernement, qui brigue un nouveau mandat « pour finir le travail », tiendra ensuite une première rencontre dans une circonscription rurale pendant que le Labour présentera son programme pour les entreprises.

Jusqu'au scrutin, le gouvernement doit se contenter d'expédier les affaires courantes et les 650 élus de la Chambre des communes redeviennent des citoyens ordinaires.

Ce vote du 7 mai comprend plusieurs enjeux de taille pour l'avenir du Royaume-Uni, à commencer par son appartenance à l'Union européenne que David Cameron a promis de soumettre à un référendum d'ici à 2017 s'il est réélu, ainsi que la question de l'équilibre des pouvoirs entre le gouvernement de Londres et l'Écosse, où le parti indépendantiste (SNP) est favori.

L'avenir du système de santé public en question

Quelques grands thèmes de campagne semblent s'imposer : le déficit budgétaire (5,6 % du PIB en 2013-2014), l'avenir du National Health Service (NHS), le système de santé public cher au coeur des Britanniques, mais à court d'argent, et l'immigration, sujet cher au Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP).

Conservateurs et travaillistes promettent de mieux maîtriser les flux migratoires et d'injecter plus d'argent dans le NHS. La principale différence entre les deux grands partis historiques porte sur la baisse du déficit. Les Tories promettent d'accentuer encore les coupes budgétaires, tandis que le Labour affiche sa volonté d'une réduction plus graduelle et équitable.

Même si l'économie britannique s'est rétablie après avoir connu sa plus grave récession depuis la Seconde Guerre mondiale et se targue de l'un des taux de croissance les plus forts des pays industrialisés, de nombreux électeurs disent ne pas en voir les bénéfices ou s'estiment insatisfaits pour d'autres raisons.

L'immigration en provenance des pays de l'Est depuis l'élargissement de l'UE à l'Europe orientale nourrit le discours anti-immigrés de l'UKIP, qui prône également la sortie de l'Europe, rendue responsable de mesures d'austérité budgétaire qui se répercutent sur les salaires, l'école ou l'hôpital.

En raison du mode de scrutin majoritaire à un tour, l'UKIP ne devrait pas gagner plus qu'une poignée de sièges, mais il obtient régulièrement des scores à plus de 10 % susceptibles de siphonner une partie de l'électorat des Tories.

En Écosse, c'est le Parti travailliste qui est menacé à sa gauche par le Parti national écossais (SNP), alors que le Labour compte traditionnellement un cinquième d'élus écossais.

Ed Miliband, le chef du Labour, a exclu par avance de gouverner en coalition avec le SNP, mais il laisse la porte ouverte à un accord informel avec les indépendantistes écossais.

Face à l'UKIP, David Cameron promet de réduire le flux net de migrants à quelque « dizaines de milliers », alors qu'il atteint aujourd'hui environ 300 000 personnes.

Le Labour est contre la proposition du premier ministre d'organiser un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE, qui pourrait déboucher sur un « Brexit », la sortie du Royaume-Uni de l'Europe, perspective à laquelle s'opposent les États-Unis et de nombreuses grandes entreprises britanniques.