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27/03/2015 11:50 EDT

Manifestation à Québec: Naomie Trudeau-Tremblay l'étudiante blessée envisage une poursuite

La mère de la jeune femme blessée lors de la manifestation d'hier soir à Québec songe à poursuivre le policier ou la policière qui a tiré un projectile presque à bout portant sur sa fille.

Naomie Trudeau-Tremblay, 18 ans, a reçu un morceau de cartouche de gaz lacrymogène en plein visage lors de la manifestation, qui a tourné par moments à l'affrontement avec les forces de l'ordre. L'étudiante, qui fréquente le Cégep Garneau, à Québec, a été blessée à la bouche. Elle s'en tire avec une ecchymose qui sera apparente pendant plusieurs semaines.

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« Je veux qu'on poursuive cette personne-là, moi et ma fille », fait savoir Catherine Tremblay.

La mère de Naomie Trudeau-Tremblay ne s'explique pas le geste du policier ou de la policière ni la raison pour laquelle un projectile a été tiré d'aussi près.

« Ça me bouleverse énormément de voir que c'est aussi près [...] Il n'y a même pas un mètre entre elle et le gun! »

Catherine Tremblay, la mère de Naomie

« Je suis en colère, comme ma fille [...] J'ai vraiment l'impression que c'est une personne qui manquait de jugement », lance-t-elle à l'endroit du policier.

naomie

« On a son matricule »

Au lendemain de la manifestation, Naomie Trudeau-Tremblay paraît encore sous le choc. « J'ai beaucoup cherché mon air [...] J'ai perdu connaissance », raconte-t-elle.

La jeune étudiante déplore l'usage excessif de la force de la part des policiers. « Je suis en colère. Je suis triste [...] Je trouve ça plate qu'il y ait autant de brutalité policière dans les manifestations », dit-elle.

Naomie Trudeau-Tremblay dit être en mesure d'identifier le policier ou la policière qui a tiré le projectile. « On a son matricule », assure-t-elle.

Entre-temps, un citoyen a déposé une plainte en déontologie dans ce dossier.

L'étudiante avait également manifesté mardi à Québec. Elle fait partie des 274 personnes qui ont reçu un constat d'infraction pour manifestation illégale.

Lise Thériault « troublée »

La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, a réagi ce matin à l'intervention policière d'hier et aux images qui circulent depuis plusieurs heures sur les médias sociaux.

« J'avoue que je me sens très troublée par ces images-là. Il y a [...] matière à questionnement sur les interventions policières. Vous comprendrez que j'ai demandé un état de la situation », a-t-elle affirmé.

La police se défend

De son côté, le directeur des communications du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), François Moisan, assure que le protocole de contrôle de foule a été respecté lors de la manifestation d'hier.

Il tient à préciser qu'une enquête est présentement en cours sur l'incident. « Il est un peu tôt pour commenter ce qui s'est passé hier. Par contre, je peux vous assurer que c'est certain qu'on va regarder ça », dit François Moisan.

« Avant d'aller plus à fond sur une analyse précise, il faut que ce soit fait par les gens qui sont des spécialistes là-dedans chez nous puis c'est sûr que cette analyse-là est faite », ajoute-t-il. François Moisan refuse de préciser à quoi s'expose le policier ou la policière.

Alain Arsenault, l'avocat qui défend un étudiant ayant perdu l'usage d'un œil après avoir été atteint d'une grenade assourdissante en 2012 à Montréal lors d'une manifestation, émet de sérieux doutes quant à la possibilité que l'incident de Québec débouche sur une enquête criminelle.

« On n'a pas les moyens pour véritablement faire une enquête de nature criminelle contre des policiers pour avoir agi de la sorte », déplore-t-il.

S'il est trouvé fautif en vertu du Code de déontologie policière, l'agent ou l'agente qui a tiré hier soir s'expose à une suspension de quelques jours ou de quelques semaines, selon Alain Arsenault.

Le modèle québécois de contrôle de foule

L'intervention d'hier s'est appuyée sur le Modèle québécois de l'intervention policière en contrôle de foule qui prévoit, selon les situations, des moyens graduels d'intervention. Dans l'ordre, il permet l'utilisation « passive » du bâton, puis l'utilisation des irritants chimiques, ensuite l'utilisation « active » du bâton, et finalement les armes intermédiaires d'impact à projectiles et les armes à feu.

Rendu public en mai 2014, le rapport Ménard rappelle aux policiers qu'ils doivent prévenir la foule avant l'utilisation de gaz lacrymogènes et lui donner suffisamment de temps pour se disperser. L'utilisation par les policiers d'irritants chimiques, affirment les commissaires, doit en outre « être judicieuse et rationnelle », conformément au Modèle québécois de contrôle de foule.

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