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26/03/2015 03:45 EDT | Actualisé 26/03/2015 04:00 EDT

Pour nourrir sa famille, l'Égyptienne Sisa Abu Daooh s'habille en homme depuis plus de 40 ans

Egyptian Presidency

Pendant plus de 40 ans, Sisa Abu Daooh s’est habillée en homme pour nourrir sa famille. La semaine dernière, à Louxor, les autorités égyptiennes lui ont décerné le prix du "soutien de famille féminin".

Lors d’une cérémonie organisée en son honneur au palais présidentiel du Caire, Abu Daooh, 65 ans, a rencontré le président Abdel Fattah al-Sissi qui a salué en elle une "travailleuse exemplaire". Revêtue de la robe et du turban traditionnellement portés par les hommes, elle s’est vue remettre la somme de 6500 dollars (soit un peu mois de 6000 euros), rapporte l'AFP.

Selon la chaîne Al-Arabiya, le mari d’Abu Daooh est décédé dans les années 1970, alors qu’elle était enceinte de leur fille Houda, la laissant seule pour subvenir aux besoins de la famille. Elle s’est vite rendu compte que, dans la société égyptienne traditionnelle de l’époque, il était très difficile pour une femme ne sachant ni lire ni écrire de trouver du travail. Elle a finalement décroché un emploi dans une fabrique de briques puis comme cireuse de chaussures et s’est travestie pour ne pas être harcelée.

"Pour me protéger des hommes et de leurs regards sévères, et pour éviter d’être montrée du doigt à cause des traditions, j’ai décidé de m’habiller comme eux et de travailler à leurs côtés, dans des villages où personne ne me connaissait", a-t-elle expliqué à Al-Arabiya.

Aujourd’hui encore, Abu Daooh part travailler loin de chez elle. Comme le rapporte le Guardian, son beau-fils ne peut pas travailler. "C’est toujours grâce à elle que nous avons de quoi vivre", explique sa fille à Al-Arabiya. "Elle se lève tous les jours à six heures pour aller cirer des chaussures à la gare de Louxor. Maintenant qu’elle est âgée, c’est moi qui porte son matériel."

Abu Daooh a confié au Guardian qu’elle s’était habituée à ses vêtements d’homme et qu’elle comptait les porter jusqu’à sa mort: "Je m’y suis faite. C’est toute ma vie et je ne peux plus les quitter!”

Cet article, publié à l’origine sur The Huffington Post, a été traduit de l’anglais par Lise Garond pour Fast for Word

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