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L'écrasement dans les Alpes aurait été un geste «intentionnel»

PARIS - Le copilote qui se trouvait seul aux commandes de l'appareil du transporteur aérien Germanwings qui s'est écrasé dans les Alpes a entrepris la descente manuellement et «intentionnellement», a affirmé jeudi un procureur de Marseille.Brice Robin a ajouté que le copilote semblait vouloir «détruire l'avion». La bande audio permet d'entendre les cris des passagers tout juste avant l'écrasement, a-t-il dit.Le copilote est apparemment demeuré conscient jusqu'au moment de l'impact.La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré que ces révélations ajoutent à la tragédie «une nouvelle dimension tout simplement incompréhensible».Le procureur a dit que rien ne permet de croire à un geste terroriste et il n'a pas précisé pourquoi les enquêteurs ne croient pas à une motivation politique. Il a dit qu'ils se concentrent plutôt sur «l'environnement personnel, familial et professionnel» du pilote.M. Robin a révélé qu'une alarme a retenti au moment où quelqu'un frappait violemment contre la porte blindée du poste de pilotage. Le copilote a alors «volontairement» refusé d'ouvrir, a-t-il dit, et sa respiration est demeurée normale pendant les dernières minutes du vol.«On entend plusieurs appels demandant l'accès à la cabine de pilotage, par l'intermédiaire de l'appel cabine, c'est-à-dire un interphone avec un système de visio, aucune réponse n'est donnée, a poursuivi Brice Robin. À plusieurs reprises, il refuse au commandant de bord l'accès au cockpit.»L'Airbus A320 est doté d'un mécanisme qui permet d'ouvrir d'urgence la porte du poste de pilotage — sauf si la personne qui se trouve à l'intérieur prend les mesures nécessaires pour qu'elle demeure verrouillée.M. Robin a identifié le copilote comme un Allemand, Andreas Lubitz, à qui on ne connaît aucune allégeance terroriste.Des proches ont décrit M. Lubitz comme un jeune homme tranquille et amical d'une vingtaine d'années. Lufthansa n'a pas identifié publiquement les deux pilotes, mais a révélé que le copilote s'était joint à Germanwings en septembre 2013, immédiatement au terme de sa formation, et qu'il comptait 630 heures de vol.M. Robin a indiqué que les réponses du copilote, à l'origine courtoises, sont devenues «laconiques» quand le pilote a commencé à discuter de l'atterrissage prévu à Düsseldorf, en Allemagne.«Puis on entend le commandant de bord demander au copilote de prendre les commandes, a expliqué Brice Robin. On entend à la fois le bruit d'un siège qui recule, et le bruit d'une porte qui se ferme. On peut penser qu'il s'est absenté pour aller satisfaire un besoin naturel. À ce moment-là, le copilote est donc seul aux commandes, et manipule le bouton pour activer la descente de l'appareil. L'action sur ce sélectionneur d'altitude ne peut être que volontaire.»Les transporteurs aériens européens ne sont pas requis d'assurer la présence de deux personnes à l'intérieur du poste de pilotage en tout temps. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les transporteurs aériens américains demandent à un agent de bord de prendre la place d'un pilote qui s'absente.Le troisième transporteur aérien européen à rabais en importance, Norwegian Air Shuttle, a annoncé jeudi que deux membres d'équipage devront dorénavant toujours être présent dans le poste de pilotage.Ni Lufthansa, ni M. Robin n'ont laissé entendre que le pilote aurait pu faire quoi que ce soit pour empêcher l'écrasement, déclarant qu'il s'est comporté correctement.M. Robin n'a pas voulu fournir plus de détails concernant la religion ou l'ethnie de M. Lubitz, déclarant que «ce n'est pas nécessairement ce que nous devrions examiner, d'après moi».Les autorités allemandes feront enquête sur le copilote.M. Robin a dit que ces informations proviennent de l'analyse de l'enregistreur de conversations de poste de pilotage. Le copilote n'aurait pas prononcé un seul mot après que le capitaine se soit absenté, possiblement pour aller aux toilettes, et «un silence absolu» régnait dans le poste de pilotage.Le président et chef de la direction de Lufthansa, Carsten Spohr, a dit que le transporteur était déjà «abasourdi» par la tragédie qui frappe son transporteur à rabais. «Je n'aurais jamais imaginé que ça puisse être encore pire, a-t-il déclaré depuis Cologne. Nous choisissons nos équipages de pilotage très, très soigneusement.»La tragédie a fait 150 morts. M. Robin a fait savoir que les travaux ont débuté pour tenter d'identifier les corps.

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