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L'Arabie saoudite lance des frappes aériennes contre les rebelles yéménites

SANAA, Yémen - L'Arabie saoudite a bombardé jeudi des installations militaires de premier plan au Yémen, au lendemain de l'annonce de la formation d'une vaste coalition pour évincer les rebelles chiites qui ont eux-mêmes contraint le président élu à prendre la fuite vers l'étranger.Certaines frappes ont touché des positions dans la capitale, Sanaa, et détruit plusieurs maisons près de l'aéroport international de la ville.Ces frappes aériennes, qui sont appuyées par neuf autres pays, ont été vertement critiquées par l'Iran, qui a qualifié l'intervention «d'invasion» et «d'étape dangereuse» qui ne fera qu'envenimer la situation au Yémen.Des responsables égyptiens ont ensuite indiqué qu'une offensive terrestre impliquant des forces saoudiennes, égyptiennes et autres sera lancé dès que les frappes aériennes auront suffisamment affaibli les rebelles. Le but de l'opération sera de contraindre les insurgés à négocier une entente de partage du pouvoir.Les frappes aériennes saoudiennes ont été lancées quelques heures seulement après que le président Abed Rabbo Mansour Hadi, un allié fidèle des États-Unis, ait fui le pays par bateau alors que les rebelles s'approchaient d'Aden, une ville portuaire du sud du pays où il s'était réfugié.M. Hadi a refait surface jeudi soir, quand il s'est posé sur une base militaire de Riyad, la capitale de l'Arabie saoudite. Il doit assister à un sommet arabe à Sharm el-Sheikh, en Égypte, à compter de samedi.Le conflit entre deux poids lourds régionaux risque de faire du Yémen un champ de bataille entre l'Iran chiite et les puissances sunnites du Moyen-Orient.La chaîne saoudienne Al-Arabiya rapporte que le royaume a déployé 100 avions de combat, 150 000 soldats et des unités de la marine.Les rebelles sunnites houthis ont demandé à leurs partisans de descendre dans les rues de Sanaa jeudi après-midi.Des chaînes de télévision affiliées aux rebelles et à leur allié, l'ancien président Ali Abdullah Saleh, ont diffusé jeudi des images des conséquences des frappes, dans ce qui semblait être un quartier résidentiel.La chaîne Al-Masirah, qui est affiliée aux houthis, cite un bilan de 18 civils tués et 24 blessés rapporté par le ministère de la Santé.Une autre station affiliée à M. Saleh, Yemen Today, a montré des centaines de personnes rassemblées autour de plusieurs maisons anéanties. Les manifestants scandaient des slogans hostiles à l'Arabie saoudite en fouillant les décombres.Un journaliste de l'Associated Press a vu dans un quartier de Sanaa, près de l'aéroport international, des résidants qui cherchaient leurs proches dans les ruines de maisons détruites. Des témoins affirment qu'au moins trois corps ont été retrouvés. Des traces de sang étaient visibles sur les briques.En plus de l'aéroport, les frappes saoudiennes ont visé un camp des forces spéciales yéménites, qui sont considérées comme étant fidèles à M. Saleh. Une base de missiles, deux bases militaires et un dépôt de carburant auraient aussi été touchés.Dans une déclaration publiée par l'agence de presse saoudienne mercredi, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar et le Bahreïn ont dit qu'ils répondraient à une requête du président Hadi «pour protéger le Yémen et sa population de l'agression des milices houthis qui étaient et sont encore un outil entre les mains de puissances étrangères qui ne cessent de s'ingérer dans la sécurité et la stabilité» du pays. Oman, le sixième membre du Conseil de coopération du Golfe (CCG), n'a pas signé la déclaration.La Jordanie, le Pakistan, le Maroc et le Soudan participent aussi à l'opération.

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