DIVERTISSEMENT
26/03/2015 10:51 EDT | Actualisé 27/03/2015 02:47 EDT

«Bon deuxième» de Stéphane Fallu : le potentiel d'être premier (VIDÉO)

Bien malin celui qui saurait déceler une once de méchanceté chez Stéphane Fallu. Avec un titre comme Bon deuxième, on attendait de son second one man show en carrière un contenu gentil, sympathique, sans prétention et pas spécialement caustique, à l’image du garçon.

Et c’est exactement de quoi nous avons pu nous régaler, jeudi, soir de «grande deuxième» (et de première médiatique), au Théâtre St-Denis. Stéphane Fallu a beaucoup fait rire la salle avec son humour rassembleur, pas toujours audacieux, mais efficace, et livré avec l’aplomb de celui qui est à l’aise comme poisson dans l’eau sur scène. Le plaisir contagieux de Fallu à occuper l’espace a certainement déteint sur le public, qui a partagé avec lui une complicité palpable toute la soirée.


Première Stéphane Fallu


C’est à se demander pourquoi le diplômé 1994 de l’École nationale de l’humour a attendu aussi longtemps avant de proposer un deuxième spectacle (son premier datait d’il y a 10 ans déjà) et, surtout, pourquoi il s’est souvent contenté de jouer les faire-valoir de ses amis humoristes dans des Galas Juste pour rire ou autres événements, entre deux prestations corporatives privées. Stéphane Fallu a l’évident potentiel de décrocher une première place sur le podium et non pas de se contenter toute sa vie d’une place de Bon deuxième.

Légèreté

Ne cherchez pas la critique sociale ou la blague engagée dans Bon deuxième. Stéphane Fallu enchaîne en fait des numéros à l’emporte-pièce sur des thématiques maintes fois explorées, mais il le fait de son angle personnel, celui d’un «gars ordinaire», avec beaucoup de sincérité. Il ventile ainsi – sans grande colère, mais plutôt d’un ton moqueur, badin, léger – sur le couple, le besoin de contrôle des femmes, les obligations en société, son non-bilinguisme, la course, la cuisine, ses peurs, etc.

Heureusement, si ses sources d’inspiration ne sont pas d’une grande originalité, Fallu sait souvent nous surprendre au détour des phrases et, contrairement à ce que laisse entendre le titre Bon deuxième, il ne se cantonne pas dans un personnage de perdant notoire qui attire la pitié, mis à part dans certains segments ici et là.

L’entrée en matière est cocasse. Stéphane Fallu fait mine de s’exécuter sur un minuscule piano pendant qu’un air classique s’élève dans l’air, alors que son nom, «Fallu», scintille derrière et que, plus bas, trois pastilles noires surélevées semblent prêtes à l’accueillir. Il tournoie ensuite autour de sa carte de visite, cette position qu’il s’est lui-même accolé et qui pourrait annoncer le pire. Et pourtant.

«La dernière fois que j’ai été premier, c’est sur les lieux d’un accident», argue-t-il. «Est-ce qu’il y en a dont ce n’était pas le premier choix d’être ici, ce soir? Soyez honnêtes, ça ne me dérange pas, moi-même, j’ai failli ne pas venir!», plaide-t-il encore, prétextant la partie de hockey en cours au même moment. De toute façon, être premier n’est pas nécessairement gage de succès ou de popularité, selon lui ; prenez le Premier ministre, Philippe Couillard… «Ce gars-là a le charisme d’un meuble de coin», décrète Fallu.

Pourquoi se sent-on obligés de toujours répondre «oui» lorsqu’on nous demande si ça va? De toujours trouver les bébés beaux? Fallu remet en question nos politesses établies. Il en envoie une bien tournée sur les prénoms de ses enfants, Arthur et Simone, soulignant avec vigueur que ce n’est pas lui qui les a choisis. «On dirait que je vis dans un manoir du 15e siècle!, se défoule-t-il. Moi, j’aurais voulu les appeler Bryan et, mon gars, Steve!»

Il imagine la vie sexuelle de Stephen Harper (dans une savoureuse imitation), taquine l’obsession des listes de certaines filles à l’épicerie, et de l’engouement de sa propre blonde pour les galettes de riz, tente piètrement de chanter en anglais, raconte s’être fait piéger par Vincent Lacroix (après sa sortie de prison!), déplore le trop grand appétit sexuel de sa blonde et termine sur une chanson composée sur place à l’aide de mots rimant en «el» suggérés par l’assistance. On salue son talent pour l’improvisation, mais un peu moins sa voix un brin chancelante…

Stéphane Fallu présentera Bon deuxième en supplémentaire au Théâtre St-Denis, à Montréal, le 24 octobre prochain. Pour toutes les dates de sa tournée, consultez www.stephanefallu.com.

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