POLITIQUE
26/03/2015 05:00 EDT | Actualisé 26/03/2015 05:44 EDT

Budget 2015: Lorsque l'austérité pèse sur les services aux citoyens (VIDÉO)

Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, se tourne vers l'appareil d'État pour y puiser des centaines de millions de dollars nécessaires à l'équilibre des finances publiques. De nouvelles compressions budgétaires importantes qui frapperont cette fois de plein fouet les services aux citoyens, préviennent l'opposition et les syndicats.

Un texte de Stéphane Bordeleau

Dans le budget des crédits, une dizaine de ministères en tout voient leur budget réduit cette année notamment les ministères du Travail, Emploi et Solidarité sociale (-116 millions de dollars), des Affaires municipales (-91 millions), de la Famille (-87 millions) et de l'Agriculture, pêcheries et Alimentation (-42 millions) pour ne nommer que ceux-là.

« On est loin de l'équilibre budgétaire quand on coupe aussi drastiquement dans les services à la population. »

Nicolas Marceau, porte-parole du PQ en matière de finances

Loin de l'augmentation naturelle des coûts

D'autres ministères clés comme l'Éducation et la Santé recevront respectivement 30 millions et 461 millions de dollars de plus cette année. Des sommes qui sont cependant bien loin de couvrir l'augmentation naturelle des coûts dans l'appareil d'État.

Des réductions ou des augmentations insuffisantes qui forceront une fois encore plusieurs ministères à compresser leurs dépenses, entraînant de nouvelles pertes d'emplois, des réductions de services et des augmentations de tarifs, préviennent l'opposition et les représentants syndicaux des 571 000 employés de l'État.

« Le gouvernement annonce l'équilibre budgétaire, mais dans les faits, les taux de croissance des dépenses dans les grands ministères que sont l'éducation, la santé et les services sociaux feront en sorte qu'il y aura des compressions qui vont s'additionner aux compressions qu'on vit déjà. Ça va rendre très difficile l'offre de services dans nos grands réseaux », déplore Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente 200 000 syndiqués de l'éducation, de la santé et des milieux de garde.

« Préparez-vous, c'est clair qu'il va y avoir d'autres hausses de taxes municipales, de taxes scolaires et des tarifs d'électricité. »

François Legault, chef de la CAQ

Globalement, l'augmentation des dépenses du gouvernement du Québec dans ses programmes et ministères devra passer de 2,9 % à 1,5 % au cours de l'année qui vient.

Un effort national

Le gouvernement libéral est conscient que le contrôle des dépenses de l'État québécois demande « effort national ». « Mais l'annonce du retour à l'équilibre budgétaire démontre qu'au Québec, nous sommes capables de nous serrer les coudes lorsqu'il s'agit d'assurer la pérennité de nos services et l'avenir de nos jours », a déclaré le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux.

Des annonces qui seront loin de calmer la grogne populaire contre l'austérité, notamment des mouvements étudiants qui manifestent ces jours-ci dans les rues des grandes villes de la province.

Si en santé la moitié de l'augmentation budgétaire consentie cette année servira à financer les augmentations de salaire des médecins en éducation, on craint pour la disparition de plusieurs services aux élèves dans les écoles publiques.

« Dans le réseau scolaire, les compressions avant ce budget atteignaient déjà 800 millions de dollars depuis 5 ans. Avec le taux de croissance qui nous est annoncé, on sera rendu à plus de 1 milliard de dollars de compression », souligne Louise Chabot de la CSQ.

Les services d'aide à l'apprentissage, les services d'aide alimentaire aux élèves, l'aide aux devoirs, les programmes de lutte contre l'intimidation et davantage de coupures dans le personnel de soutien et le personnel professionnel (psychologues, orthopédagogues, etc.) sont à prévoir, selon les syndicats.

Les jeunes en feront les frais, selon Sylvain Malette, président de la Fédération autonome de l'enseignement. « L'équilibre budgétaire est atteint sur le dos des élèves, sur le dos de ceux qui travaillent au quotidien avec les élèves [...] Il n'y a pas un sou de plus pour financer des programmes déjà existants, des services directs aux élèves, des services professionnels aux élèves en difficulté, pas un sou de plus », conclut-il.

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