POLITIQUE
25/03/2015 01:52 EDT | Actualisé 26/03/2015 11:34 EDT

Course à la direction du PQ: Drainville certain de pouvoir renverser la tendance (VIDÉO)

Qui sont donc les candidats à la direction du Parti québécois? Nous vous présentons le portrait de chacun d'eux. Aujourd'hui : Bernard Drainville.

Un texte de Davide Gentile

Samedi matin. Pont-Rouge, près de Québec, Bernard Drainville lace les patins de son fils Matisse. Son troisième enfant participe à un tournoi régional, une rare pause pour Bernard Drainville qui travaille d'arrache-pied pour être élu chef du Parti québécois. Le député de Marie-Victorin l'admet : cette campagne qui s'ajoute au travail de parlementaire est « exigeante ».

Surtout qu'il mène campagne dans toutes les régions, même les plus éloignées. Début mars, nous l'avons suivi alors qu'il revenait de la Basse-Côte-Nord et rencontrait le conseil municipal de Sept-Îles. « C'est pour marquer un peu la vision que j'ai du Québec », précise-t-il aux élus.

« Moi, je pense que le Québec est fort de ses régions ». Partout, il se présente comme un régionaliste. En conférence de presse, aux côtés de la députée locale Lorraine Richard, il revient sur ce thème. Originaire de la Visitation-de-l'Île-Dupas, dans Lanaudière, Bernard Drainville rappelle qu'il est issu d'une petite communauté agricole.

« J'ai été élevé dans une communauté où il y avait des ouvriers et des cultivateurs. Alors les petits milieux qui se prennent en main, qui se serrent les coudes et qui se battent pour leur survie, je connais ça. »

— Bernard Drainville

Âgé de 51 ans, il aime se décrire comme étant proche du peuple. Il se déplace au volant d'une modeste Mazda, un élément qu'il relève auprès du maire de Sept-Îles, Réjean Porlier.

Sortir de l'ombre de PKP

« Je n'ai pas les moyens de me payer un avion, moi. C'est moi qui chauffe mon char. Il faut vivre comme le vrai monde si on veut comprendre leur réalité. » L'allusion à Pierre Karl Péladeau est claire. Parce que pour lui, un des principaux défis est de sortir de l'ombre de PKP.

Il admet que la notoriété de l'homme d'affaires éclipse ses adversaires. Sans lancer d'attaque frontale, il n'hésite pas à relever ce qui le distingue du magnat de la presse.

« La principale différence entre Pierre Karl et moi, c'est que j'ai été testé! »

— Bernard Drainville

Et il lance une forme d'appel aux militants péquistes. « Est-ce que l'on met tous nos oeufs dans le panier de la nouveauté de la notoriété? Ou est-ce qu'on mise sur une valeur sûre? »

Il rappelle qu'il est resté alors que d'autres ont quitté le navire péquiste pendant la crise qui a secoué le leadership de Pauline Marois en 2011. À micro fermé, certains péquistes lui reprochent d'avoir été un peu trop bavard pendant cet épisode. D'autres estiment que l'épisode n'a pas laissé de trace. Bernard Drainville dit avoir appris à jouer en équipe.

« Moi, j'arrivais du journalisme. Le journalisme c'est un sport solitaire. J'ai appris à jouer en équipe. »

— Bernard Drainville

Le dossier de la charte

À preuve, le dossier de la charte des valeurs, où il dit avoir accepté de prendre des coups « pour le bien de l'équipe ». Malgré les critiques, il a présenté en janvier une nouvelle mouture plus modérée de sa charte.

Il reste convaincu qu'une charte est nécessaire, même s'il sait que le projet a déplu à certains péquistes. « Je reste convaincu que des gens pourraient voter pour moi à cause de cela parce qu'ils y croient comme une majorité de Québécois. »

L'épisode a prouvé qu'il peut survivre « dans la tempête », dit-il. Mais il refuse d'être étiqueté comme le candidat de la charte et rappelle ses autres réalisations. Les réformes démocratiques, la lutte contre la corruption et la réforme du mode de financement des partis. Une série de lois dont il est très fier et qui prouvent selon lui une forme de résilience.

« Ça va prendre quelqu'un à la barre qui est capable de prendre les coups », dit-il, parlant du ou de la prochaine chef. Bernard Drainville pense incarner ces qualités et refuse d'envisager la possibilité de se retirer de la course avant la fin. « Je vais vivre avec le résultat, heureux, peut-être, décevant sinon, mais avec le sentiment du devoir accompli, d'être allé "au boutte". »

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