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25/03/2015 11:19 EDT | Actualisé 25/05/2015 01:12 EDT

Ottawa refuse de confirmer la légalité des frappes en Syrie

OTTAWA - Le gouvernement canadien refuse de confirmer explicitement si le fait d'intervenir militairement en Syrie sans le consentement explicite du régime de Bachar el-Assad respecte le droit international.En conférence de presse à Ottawa, mercredi, le ministre des Affaires étrangères Rob Nicholson a offert cette explication aux questions portant sur la légalité de la démarche: «Si la Syrie n'a pas la capacité ou la volonté d'empêcher l'ÉI de mener des opérations qui visent l'Irak, c'est une justification légale à nos yeux».Il s'est ensuite affairé à répéter ce qu'il avait dit la veille en Chambre, c'est-à-dire que le gouvernement canadien se base sur les mêmes assises juridiques que les États-Unis, qui mènent des frappes en Syrie depuis septembre.«Je regarde nos alliés, comme l'administration Obama, qui ont présenté devant les Nations unies les assises juridiques qui justifient leurs frappes aériennes, et nous sommes en accord avec eux, et c'est sur cette base légale que nous effectuerons nos bombardements aériens», a déclaré M. Nicholson.Le chef de la diplomatie canadienne n'a donc pas voulu dire clairement si Ottawa était convaincu qu'en matière de droit international, des frappes aériennes en Syrie sans le feu vert du président Bachar el-Assad tenaient la route.Le gouvernement Harper a confirmé mardi que la campagne canadienne de bombardements aériens déborderait de la frontière de l'Irak pour se transporter jusqu'au territoire syrien.«Les combattants de l'ÉI et une grande partie de son équipement lourd passent librement la frontière irakienne jusqu'en Syrie en partie pour s'assurer une meilleure protection contre nos frappes aériennes. Nous croyons que l'ÉI ne devrait plus pouvoir trouver refuge en Syrie», a plaidé le premier ministre Stephen Harper aux Communes lors de son discours sur la motion.Le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti libéral du Canada (PLC) ont annoncé qu'ils voteraient en défaveur de la motion présentée par les conservateurs.Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a prévenu qu'une intervention militaire en Syrie allait «aider le régime syrien» et son controversé président, un «dictateur de la pire espèce, un criminel de guerre qui cible sa propre population avec des armes chimiques».Quant au chef libéral Justin Trudeau, il a émis l'hypothèse que les bombardements qui seront menés dans le ciel syrien pourraient «très bien consolider le pouvoir d'el-Assad en Syrie».Sous la houlette de l'homme fort de Damas, un soulèvement populaire s'est transformé en une sanglante guerre civile qui a fait plus de 200 000 morts et des millions de déplacés en l'espace d'environ quatre ans.