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24/03/2015 22:07 EDT | Actualisé 24/05/2015 01:12 EDT

Manifestation nocturne au centre-ville de Montréal contre l'austérité

MONTRÉAL - La première des marches nocturnes contre les politiques d'austérité du gouvernement québécois a donné lieu à des affrontements entre les policiers et des manifestants, mardi.Quelques milliers de personnes ont manifesté dans les rues du centre-ville de Montréal à l'invitation du Mouvement étudiant révolutionnaire, qui se décrit comme «une association réunissant des jeunes communistes révolutionnaires et anticapitalistes».L'événement avait des relents de printemps érable puisque le point de rassemblement était, comme en 2012, le parc Émilie-Gamelin.Sur le coup de 21 h, les manifestants ont entonné «à nous la rue», au son d'un hélicoptère. Ils ont alors bloqué la rue Sainte-Catherine. Ils ont ensuite marché dans les rues du centre-ville, empruntant notamment la rue Sainte-Catherine et le boulevard René-Lévesque.Certains protestataires prenaient des matériaux urbains comme des cônes pour bloquer le boulevard René-Lévesque aux automobilistes. Des pétards et des pièces pyrotechniques ont été lancés dans les airs. Plusieurs autres portaient un masque malgré le règlement P-6 les interdisant pendant une manifestation. Le SPVM a même lancé un avertissement à ce sujet peu après le début de la marche.Les tensions ont été vives tout au long de la manifestation.Il n'aura fallu que 25 minutes avant qu'on assiste à un premier affrontement entre des manifestants et des policiers. Ces derniers ont tenté d'intercepter un petit groupe, provoquant du même coup la colère des autres qui ont riposté en lançant des projectiles contre les forces de l'ordre. Une odeur de gaz a rempli l'air tandis que les manifestants se divisaient en trois groupes.Les policiers ont tenté de canaliser le trajet des manifestants, établissant notamment un véritable barrage humain pour les empêcher l'accès à la rue Sainte-Catherine à l'ouest de la rue Union.Une dizaines de minute avant la manifestation, les policiers faisaient sentir sa présence autour du parc.Des policiers de l'anti-émeute se sont approchés des manifestants sous les huées de plusieurs participants.Sur le groupe Facebook de l'événement, plusieurs personnes ont demandé au cours des derniers jours aux organisateurs de partager l'itinéraire de la manifestation aux autorités policières.«J'ai pas envie de me déplacer si la manif ne dure pas parce que l'itinéraire n'est pas donné. À mon avis les points se valent encore plus quand la marche n'est pas interrompu pour quelque chose d'aussi ridicule», avançait une internaute.Un autre appelait ses confrères à miser sur la non-violence. «J'ai hâte de vous croiser lors des manifs de soir ! Mais j'espère qu'on aura grandi depuis 2012. On ne peut pas se permettre de faire preuve de violence, ni envers la police, ni envers personne», a-t-il écrit.La manifestation nocturne fait suite à un autre rassemblement qui s'est déroulé mardi en journée. À cette occasion, trois personnes ont été arrêtées pour des voies de fait, alors qu'une autre a reçu une contravention pour port de masque.En début de soirée, les manifestants ont reçu l'appui de la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Alexa Conradi.«Chères étudiantes, vous n'êtes pas seules. Continuons devant le paternalisme, la violence masculine ou étatique, le sexisme et l'austérité», a-t-elle écrit sur son compte Twitter.Plus tôt à Québec, le ministre de l'Éducation, François Blais, prévenait les étudiants que la situation budgétaire dans laquelle se trouve l'État québécois ne permettra pas d'assumer, comme en 2012, une reprise des cours plus tard au printemps ou pendant l'été si les grèves étudiantes devaient perdurer.