NOUVELLES
25/03/2015 16:16 EDT | Actualisé 25/05/2015 01:12 EDT

Le procès en Égypte du journaliste canadien Mohamed Fahmy de nouveau reporté

Le journaliste canadien Mohamed Fahmy devra attendre encore près d'un mois pour la prochaine audience de son deuxième procès, en Égypte, concernant les accusations de terrorisme pesant contre lui et son collègue égyptien Baher Mohammed. Lors d'une séance de la cour mercredi, au Caire, un nouveau comité technique chargé d'analyser les preuves vidéo a été assermenté, mais le procès a été ajourné pour que ses membres puissent déterminer si certaines parties des reportages auraient été falsifiées.M. Fahmy a indiqué que le comité ne sera pas tenu de se prononcer sur la menace potentielle sur la sécurité nationale que pourraient représenter les vidéos — une grande différence par rapport au premier procès. Or, selon M. Fahmy, ce nouveau délai «insupportable» entre en contradiction avec tous les signes laissant croire que le gouvernement égyptien voulait accélérer les procédures judiciaires.L'homme de 40 ans ne se dit pas inquiet quant au contenu des vidéos, qui n'auraient rien d'incriminant, selon lui. Il déplore toutefois que le comité prenne autant de temps pour examiner les preuves.M. Fahmy et son collègue égyptien font face à des accusations liées au terrorisme parce qu'ils auraient fraternisé avec les Frères musulmans en présentant de présumés «reportages falsifiés».Ils avaient été arrêtés à l'origine en décembre 2013 en compagnie de leur collègue australien Peter Greste. À l'issue d'un procès très critiqué par la communauté internationale, les trois journalistes d'Al-Jazeera avaient été condamnés à des peines de sept à dix ans de prison. Contrairement à M. Fahmy, Peter Greste a pu retourner dans son pays d'origine en vertu d'une nouvelle loi égyptienne permettant de déporter les étrangers reconnus coupables de crimes.«On dirait que ce procès cauchemardesque se prolongera encore pour plusieurs mois avant d'avoir un verdict final. On dirait vraiment que le juge prend son temps (...) Un mois pour regarder sept DVD, c'est long, surtout considérant que nous avons été incarcérés pendant plus d'un an», a affirmé M. Fahmy en entrevue avec La Presse Canadienne.Le journaliste a par ailleurs demandé au juge, mercredi, s'il pouvait recevoir un nouveau passeport après que le sien eut été confisqué lors de son arrestation.«Le juge semble avoir donné l'autorisation à l'ambassadeur canadien de délivrer un nouveau passeport lorsque j'aurai rempli un rapport au poste de police pour dire que je l'ai perdu», a-t-il expliqué.L'ambassade du Canada en Égypte a d'ailleurs présenté une lettre en cour pour rappeler que le journaliste avait déposé une requête afin d'être déporté comme son collègue australien.«Le gouvernement canadien doit continuer de discuter avec les plus hautes instances du pays (...) pour s'assurer que je serai transféré au Canada dès que le verdict sera prononcé, quel qu'il soit», a martelé M. Fahmy.Mohamed Fahmy a déménagé au Canada avec sa famille en 1991, où il a vécu à Montréal et à Vancouver avant de s'établir dans d'autres pays pour son emploi.Il était chef de bureau du réseau anglophone d'Al-Jazeera au Caire depuis septembre 2013.