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25/03/2015 08:05 EDT | Actualisé 26/03/2015 04:35 EDT

L'Arabie saoudite a lancé une opération militaire au Yémen (VIDÉO)

L'Arabie saoudite a lancé une opération militaire au Yémen impliquant "plus de 10 pays" pour défendre le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, confronté à une rébellion de la milice chiite des Houthis et réfugié à Aden dont les insurgés se rapprochent.

Des forces alliées aux rebelles chiites se sont emparées mercredi de l'aéroport international d'Aden, un ministre avertissant qu'une chute de la grande ville du sud marquerait le "début" d'une guerre civile.

Aden, la capitale du Sud, est le fief de M. Hadi, où il s'était réfugié après la prise de la capitale Sanaa début février par les rebelles houthis, soupçonnés de liens avec l'Iran chiite et l'ex-président Ali Abdallah Saleh, poussé en 2012 au départ après 33 ans au pouvoir.

L'opération lancée par l'Arabie saoudite "vise à défendre le gouvernement légitime du Yémen et à empêcher le mouvement radical houthi (soutenu par l'Iran, ndlr) de prendre le contrôle du pays", a expliqué l'ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, Adel al-Jubeir, lors d'une conférence de presse.

Les opérations se limitent pour le moment à des frappes aériennes sur différentes cibles au Yémen, mais d'autres forces militaires sont mobilisées et la coalition "fera tout ce qu'il faudra", a-t-il ajouté.

Selon des sources militaires au Yémen et des témoins, plusieurs sites sensibles tenus par la rébellion à Sanaa, dont une base aérienne et le palais présidentiel, ont été visés jeudi dans le cadre de cette opération et un incendie s'est déclaré dans le palais présidentiel.

De violentes explosions secouaient la capitale avec l'entrée en actions de la DCA au passage des avions de combat, dont les tirs illuminaient le ciel de la ville, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Les raids, entamés dans la nuit de mercredi à jeudi, ont pris par surprise la population de Sanaa, a-t-il ajouté, indiquant que les habitations étaient secouées par la force des explosions.

"Nous avons une coalition de plus de 10 pays qui participent ou vont participer à ces opérations", a affirmé l'ambassadeur saoudien, sans nommer de pays.

L'Arabie saoudite, le Qatar, le Koweit, Bahrein et les Emirats arabes unis ont indiqué dans un communiqué avoir "décidé de répondre à l'appel du président Hadi de protéger le Yémen et son peuple face à l'agression de la milice (chiite) houthi".

La Maison Blanche a indiqué qu'elle apportait un soutien "en logistique et en renseignement" à l'opération.

«Situation très dangereuse»

"Vous avez une milice qui contrôle ou pourrait contrôler des missiles balistiques, des armes lourdes et une force aérienne. Je ne me rappelle aucune autre situation dans l'histoire où une milice dispose d'une force aérienne. (...) C'est donc une situation très dangereuse", a fait valoir l'ambassadeur.

Dès mardi et après avoir maintes fois dénoncé un "coup d'Etat" des Houthis, M. Hadi avait confirmé avoir sollicité les monarchies sunnites du Golfe pour une "intervention militaire" et avoir exhorté l'ONU à adopter une "résolution contraignante" pour stopper l'avancée rebelle.

Le chef de la diplomatie du Yémen, Ryad Yassine, a estimé mercredi que "la chute d'Aden aux mains des Houthis marquerait le début d'une profonde guerre civile".

L'ambassadeur saoudien a pour sa part précisé disposer "de moyens aériens d'un certain nombre de pays". Il a déclaré que "des moyens militaires sont en route vers le royaume pour participer à ces opérations".

"L'usage de la force est toujours un dernier ressort et c'est avec une grande réticence que nous avons pris cette décision avec nos partenaires du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Oman, Koweït, Bahreïn, Emirats arabes unis et Qatar, ndlr) et d'autres pays extérieurs" à ce Conseil, a-t-il dit.

Les Etats-Unis ont fait état d'un contact téléphonique "plus tôt dans la journée" avec le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, leur allié dans la lutte contre Al-Qaïda, indiquant qu'il avait quitté sa résidence d'Aden mais qu'ils ne savaient pas où il se trouvait actuellement.

Après la progression fulgurante des Houthis en direction d'Aden et alors que son complexe a été la cible d'un nouveau raid aérien, M. Hadi a été conduit vers un "lieu sûr à Aden", a indiqué son entourage.

Mercredi, des militaires de la 39e brigade blindée restés fidèles à M. Saleh ont pris le contrôle des installations, selon des témoins.

La télévision des Houthis a confirmé que des unités de l'armée avaient "sécurisé l'aéroport" fermé dans l'après-midi.

Des affrontements ont ensuite eu lieu près de l'aéroport alors qu'une foule d'habitants ont récupéré des armes dans un dépôt dans la ville d'Aden dans la perspective d'un assaut des Houthis, selon un photographe de l'AFP.

La crise au Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, s'est envenimée depuis septembre 2014 quand les Houthis ont déferlé sur la capitale Sanaa pour y contester le pouvoir de M. Hadi et dénoncer un projet de Constitution sur un Etat fédéral qui priverait son fief dans le nord d'un accès à la mer.

Pour les experts, le Yémen, écartelé entre le nord dominé par les Houthis et le sud par les pro-Hadi, est le théâtre d'une guerre par procuration entre l'Iran chiite et le royaume saoudien sunnite, qui risque d'aboutir à une désintégration du pays.

A cela s'ajoute la poursuite d'actions du réseau sunnite Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), bien implanté dans le sud-est.

Pour ajouter au chaos, le groupe jihadiste Etat islamique, qui sévit dans plusieurs pays arabes, vient de revendiquer sa première attaque au Yémen, qui a fait vendredi plus de 140 morts dans des mosquées à Sanaa.

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