DIVERTISSEMENT
25/03/2015 05:15 EDT | Actualisé 25/03/2015 05:19 EDT

«Javotte» au Théâtre Denise-Pelletier: Jasette avec Simon Boulerice (ENTREVUE/VIDÉOS)

Simon Boulerice est un des auteurs les plus prolifiques de sa génération. Dramaturge (Pig, Peroxyde, Qu'est-ce qui reste de Marie-Stella?), poète (Poèmes du lendemain 18, Nancy croit qu'on lui prépare une fête, La Sueur des airs climatisés), auteur jeunesse (Être un héros: des histoires de gars, Edgar paillettes, Les Monstres en dessous), Boulerice est également romancier. C'est son roman Javotte qui sera mis en scène par Jean-Guy Legault sur la scène de la Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier. Entrevue avec un écrivain allumé.

C'est Marc-Antoine Larche, du collectif Les Casseroles, qui a d'abord lancé l'idée d'une adaptation d'une oeuvre de Simon Boulerice. «Il avait envie de sortir du théâtre pour faire du théâtre. Il m'a contacté et j'ai mentionné Javotte. Pour moi, c'est une oeuvre très visuelle. Ça peut vivre autant sur scène qu'au cinéma. Tout le monde l'a lu et ils ont décidé de le monter.» explique Simon Boulerice.

S'il a été impliqué au tout début du travail sur la pièce, Boulerice a peu à peu laissé la place au collectif et au metteur en scène, Jean-Guy Legault. «Je l'ai bien cerné: c'est un créateur ludique. Je lui ai dit de s'amuser avec le roman. Je me suis dit qu'il aurait plus de plaisir s'il pouvait exprimer ce que ça allumait chez lui.»

Parce que l'histoire de Javotte, une adolescente moche jouée par Gabrielle Côté, un peu paumée, est riche. Complexe. Propice aux diverses perceptions. Dans une petite ville au sud de Montréal, la jeune fille tente de réaliser ses rêves et ses fantasmes dans un monde où la superficialité règne en maître. «Legault veut vraiment s'adresser à une génération. Il aborde le mal-être des adolescents. De mon côté, j'étais plutôt traversé par l'idée d'un personnage qui m'habitait. J'avais envie d'expliquer comment on peut devenir monstrueux. Pourquoi on dérape dans une vie. Comment la cruauté peut devenir un mode de survie. »

Le bonheur de déléguer dans la création

Difficile de laisser aller son texte aux mains de divers créateurs? Au contraire! «Ça fait du bien de déléguer. Il y a quelque chose de plaisant dans ce rôle extérieur. De voir, d'observer ce qui va se passer autrement. Je suis super excité et intrigué de voir ça. Et j'ai quand même super confiance. Jean-Guy et moi, on se rejoint beaucoup. On voit le théâtre comme un terrain de jeu. Le but, c'est de s'amuser avec ce matériau qu'est le théâtre. Mon roman peut vivre de plusieurs façons. Je suis loin d'être puriste!»

Boulerice a-t-il toujours été aussi zen par rapport à ses textes et ce qu'ils deviennent après leur publication? «Pas nécessairement!» avoue-t-il en riant. «La première fois qu'un de mes textes a été monté, j'ai ressenti une trahison. Aujourd'hui, j'ai un détachement, une distance. Il y a trois ans, je n'aurais pas été là. Mais trois ans après la publication, je suis ailleurs. Il y a eu un "avant" et un "après" Javotte.» Et plusieurs oeuvres aussi.

En plus de Javotte sur les planches du Théâtre Denise-Pelletier, Simon Boulerice est en pleine promotion de la série jeunesse Casting, sur laquelle il a travaillé avec Chloé Varin et Stéphanie Lapointe - qui délaisse cette fois le micro pour prendre la plume - et de la pièce Pig, qui sera de retour au Théâtre Prospero du 7 au 25 avril prochains.

Un horaire chargé, qui n'empêche pas l'auteur d'écrire à temps perdu. «Plus ça va, plus je donne des entrevues, des conférences, des ateliers. J'ai moins de temps pour écrire. Mais je sais que mon oeuvre la plus signifiante est à suivre.» À la lumière de la qualité de ses écrits déjà publiés, gardons l'oeil (très) ouvert alors!

Javotte, du 25 mars au 11 avril à la Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier.

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