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25/03/2015 06:02 EDT | Actualisé 25/03/2015 06:54 EDT

Écrasement de Germanwings: l'enquête progresse, Hollande et Merkel survolent les lieux du drame (PHOTOS/VIDÉO)

L'enquête sur le crash inexpliqué en France de l'Airbus A320 de Germanwings (150 morts) s'est accélérée mercredi avec un premier examen d'une boîte noire, tandis que François Hollande et Angela Merkel prenaient la mesure du drame en survolant les lieux de la catastrophe.

L'"enveloppe" de la deuxième "boîte noire" de l'Airbus A320 de la compagnie allemande Germanwings a été "retrouvée" mais "pas la boîte noire elle-même", a précisé le président français.

Cette seconde "boîte noire", renfermant les données du vol, est toujours activement recherchée. "Nous ne l'avons pas localisée", ont précisé les enquêteurs.

La première, très abîmée, qui contient les sons et conversations enregistrés dans le cockpit, avait été retrouvée mardi. Les enquêteurs français ont annoncé mercredi avoir réussi à en "extraire des données utilisables".

Ces experts aéronautiques ont précisé avoir entendu des voix mais ajouté qu'il fallait encore les identifier. Ils ont indiqué n'avoir pas "la moindre explication" à ce stade sur la raison du crash.

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Dans l'après-midi, François Hollande avait pris la mesure de l'horreur de la catastrophe en survolant en hélicoptère la zone, dans le sud des Alpes françaises, avec la chancelière allemande Angela Merkel.

Emus, l'air grave, les dirigeants français et allemand, rejoints par le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy à Seyne-les-Alpes, une localité proche du lieu de l'une des pires catastrophes aériennes survenues en France, ont rendu hommage aux victimes.

Les trois dirigeants se sont entretenus avec des médecins, des pompiers et des militaires impliqués dans la recherche des corps, qui a commencé dans la matinée. Ils se sont ensuite rendus, loin des médias, dans une chapelle ardente où ils ont rencontré une famille de victimes, parmi lesquelles figurent de nombreux Allemands et Espagnols.

Ils ont aussi observé un moment de recueillement face à la montagne dans le hameau du Vernet, d'où l'on peut apercevoir l’endroit de la catastrophe.

François Hollande a promis "toute la lumière" sur les circonstances du drame. "Il est bon de voir qu'en ces heures si difficiles nous nous tenons proches (les uns des autres) et liés par l'amitié", a noté Angela Merkel.

"Nous travaillerons ensemble et enquêterons ensemble, comme cela doit être le cas en tant qu'Européens mais surtout et avant tout en tant qu'êtres humains", a renchéri Mariano Rajoy.

Selon la compagnie allemande Lufthansa, maison-mère de Germanwings, "l'avion était techniquement irréprochable et les deux pilotes expérimentés". L'équipage n'a pas émis d'appel de détresse tout au long de la chute de l'appareil qui a duré huit minutes, selon Germanwings.

"Aucune hypothèse n'est écartée" hormis celle d'une explosion en vol, a répété mercredi le Premier ministre français, Manuel Valls. "L'hypothèse terroriste n'est pas privilégiée", a précisé son ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Écrasement d'un Airbus A320 de Germanwings


Stèle à la mémoire des victimes

Une gigantesque et périlleuse opération de récupération des restes des victimes a repris dès la levée du jour sur les flancs de la gorge escarpée où l'avion de la filiale low-cost de Lufthansa assurant la liaison entre Barcelone et Düsseldorf a heurté la montagne.

L'identification des corps "va prendre des jours et même des semaines", selon la justice française. "Les plus grands morceaux de corps que nous avons repérés ne sont pas plus grands" qu'un attaché-case, avait déclaré mardi soir un enquêteur.

A Seyne-les-Alpes, un important dispositif d'accueil et de soutien psychologique a été déployé pour accueillir les familles des victimes : hébergement, nourriture, psychiatres, infirmiers...

Lors de la visite des trois dirigeants européens, les maires de deux petites communes voisines du lieu du crash leur ont proposé d'installer une stèle à proximité afin de permettre aux familles de s'y recueillir.

"Nous avons un village de 150 habitants et il y a 150 victimes, donc pour nous c’est comme si le village avait été rasé d'un coup de la surface de la Terre", a expliqué l'un de ces maires, François Balique, qui dirige la localité du Vernet.

L’Allemagne et l'Espagne sont les pays les plus touchés par cette catastrophe aérienne, la pire en France en plus de 30 ans.

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Parmi les victimes figurent 72 Allemands, selon Germanwings, dont deux bébés, et 16 adolescents d'Haltern (nord-ouest de l'Allemagne), qui rentraient d'un échange scolaire en Espagne. Des roses et des bougies jonchaient les marches de leur lycée mercredi, déposées par des centaines de personnes venues se recueillir.

"C'est une tragédie qui laisse sans voix, avec laquelle il va falloir apprendre à vivre", a confié le directeur de l'établissement, Ulrich Wessel. "Hier, nous étions nombreux, aujourd'hui nous sommes seuls", pouvait-on lire sur un panneau posé par des élèves sur une table de ping-pong.

La liste des passagers comportait aussi les noms d'au moins 51 Espagnols, a annoncé mercredi Madrid.

Selon les autorités françaises, les victimes sont issues d'une quinzaine de pays au total.

En Espagne, trois jours de deuil national ont été décrétés, après l'annulation mardi par le roi Felipe VI d'une visite d'Etat qu'il venait de débuter en France.

Il s'agit de la première catastrophe aérienne en France métropolitaine depuis le crash d’un Concorde d’Air France qui avait fait 113 morts le 25 juillet 2000 près de Paris.

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