DIVERTISSEMENT
22/03/2015 10:08 EDT | Actualisé 25/03/2015 11:41 EDT

«Les grandes artères» de Louis-Jean Cormier: retour aux sources (ENTREVUE VIDÉO)

C'est dans la Salle à manger sur la rue Mont-Royal que Louis-Jean Cormier nous a donné rendez-vous pour discuter de son deuxième album solo, Les grandes artères. Verre d'eau à la main, sourire aux lèvres, l'artiste confie être en grande forme et prêt pour le lancement du 24 mars prochain au Club Soda. «J'ai passé quelques jours à Fort Lauderdale pour jouer au golf, décrocher. Ça fait du bien!»

Après Le treizième étage, l'auteur-compositeur-interprète nous présente un opus folk-pop épuré, assumé. Toujours accompagné de Daniel Beaumont à la plume, Louis-Jean Cormier est aussi allé chercher le talent de Martin Léon, un auteur-compositeur-interprète, «un super ami, un super compositeur», qui l'a aidé à pousser plus loin ses idées. Si on perd un brin le côté planant qui suit Cormier depuis les débuts de Karkwa, on gagne dans la profondeur des textes. Terre-à-terre, «right to the point», l'écriture de ce deuxième album est terriblement évocatrice.

«Je crois que ça fait de meilleures chansons, si tu veux mon avis. Les grands auteurs de chansons de notre ère, c'est Philippe B., Jimmy Hunt, Stéphane Lafleur... Il y a des phrases qui sortent de l'ordinaire, mais c'est clair, concret, simple. C'est beau. J'ai ce désir-là aussi. C'est de l'assumer. Parfois, on se cache derrière de la poésie ou des métaphores. Et parfois, on peut oser et dire les choses telles qu'elles sont.»

Faire semblant

Entre les touchantes Deux saisons trois quarts, Jouer des tours, Le jour où elle m'a dit je pars et Montagne russe, qui abordent les différentes phases de l'amour; les pièces qui peuvent donner une envie pressante d'évasion comme Complot d'enfants et Tête première et les chansons qui foncent droit dans le mal-être comme Traverser les travaux et Les hélicoptères; on sent comme un petit air de révolte dans La fanfare et surtout, Faire semblant.

Justifiée cette impression? «Faire semblant est arrivée dans un point de ma vie où j'ai frôlé l'épuisement professionnel, à la fin de la tournée estivale. Je n'étais pas malade, mais j'ai été étourdi. Je n'ai pas arrêté une minute: c'est une période où je pédalais dans le vide. Justement, un gars comme Martin Léon m'a attrapé, m'a assis et m'a dit de me calmer. (Rires) Ça m'a inspiré des chansons de voyage, d'isolement... Tu as le droit de prendre du temps pour toi! L'écriture est partie toute seule et mon esprit m'a parlé.»

Après sa participation à La Voix, Louis-Jean a connu une période faste... et étourdissante. En devenant un visage plus connu, l'artiste a dû composer avec une nouvelle réalité: «Ça a été nourri aussi par ce qu'on peut voir sur Internet. Je n'ai pas beaucoup d'attaques sur le web, mais quand j'en ai, j'ai une armée de fans qui me défend! (Rires) C'est assez spécial de regarder ça. Il y a des trouble-fêtes qui ne font que ça, des professionnels! Avant, je pouvais aller chercher du pain et du jus d'orange en pyjama. Aujourd'hui, je me regarde dans le miroir avant de sortir. C'est clair que je vais prendre des photos, signer des autographes. Le monde est fin, mais ça change une vie. Celle de la famille, aussi. Je ne voulais pas qu'on fasse semblant. On n'est pas des clowns.»

Des changements qui lui ont donné envie de retourner à ses premières amours: «Je ne me suis pas travesti en faisant La Voix, mais j'ai peut-être eu l'impression de faire un autre métier pendant un certain temps. C'était le fun, divertissant. Mais là j'avais le goût, d'une façon peut-être thérapeutique, de retourner dans une production d'album. Ne faire que ça. Finalement mes pantoufles, c'est mon studio d'enregistrement et l'écriture de chansons. Ça m'a fait du bien.»

La musique pour les bonnes raisons

À la suite de cette expérience, l'artiste a pu jeter un nouveau regard sur sa carrière et surtout, son amour pour la musique. «J'ai la certitude qu'on doit faire les choses de façon libre. Qu'on doit faire de la musique pour les bonnes raisons. Il y en a qui veulent être connu, ou absolument en vivre. Mais la vraie raison de faire de l'art, c'est d'extérioriser des choses, d'aller au bout de ses désirs, faire la musique qui nous paraît être la meilleure pour nous, brasser des conventions, essayer d'innover à notre sens.»

Conscient de sa popularité de plus en plus importante, Cormier a à coeur d'entretenir de bons liens avec ses fans. «On a tendance à oublier le respect qu'on doit à une certaine notoriété, une tribune. Ça devient une responsabilité. J'ai le désir de prendre la promotion d'un disque très au sérieux, de m'impliquer. » Comme en proposant le concept Jouer des tounes - qui s'incrit dans la même lignée que Les chansons de loge dans le cadre de la tournée pour Le treizième étage - qui a invité les fans à jouer la chanson Jouer des tours avant même d'avoir entendu la version originale. Le gagnant sera invité à monter sur scène lors du lancement pour interpréter sa version avec l'artiste. Une idée simple, sympathique, à l'image de l'artiste.

Une soirée qui s'annonce haute en couleurs le 24 mars au Club Soda dès 17h30.Les grandes artères sera en magasins dès le 23 mars.

Les extraits Si tu reviens et Jouer des tours sont disponibles sur iTunes.

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