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22/03/2015 04:34 EDT | Actualisé 22/03/2015 07:09 EDT

France: la droite devance l'extrême droite lors d'élections départementales

FRANCOIS GUILLOT via Getty Images
Current UMP right-wing opposition party President and former French President, Nicolas Sarkozy speaks during a campaign rally ahead of the French departmental elections, on March 20, 2015 in Dammarie-les-Lys, south of Paris. The French departmental elections are set for March 22 and 29. AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT (Photo credit should read FRANCOIS GUILLOT/AFP/Getty Images)

L'opposition de droite de l'ancien président Nicolas Sarkzoy est sortie vainqueur dimanche en France du premier tour d'élections départementales, faisant échec au pari du Front national (extrême droite) de s'afficher principal parti du pays.

La gauche au pouvoir a mieux résisté qu'attendu mais le Parti socialiste (PS) du président François Hollande essuie un quatrième revers de rang, après les municipales, les européennes et les sénatoriales en 2014.

«Les formations républicaines ont tenu leur place, l'extrême droite n'est pas la première formation politique de France», a noté le premier ministre socialiste Manuel Valls, en se réjouissant que les Français aient voté «plus que prévu».

Le parti de droite UMP, dirigé par M. Sarkozy, et ses alliés centristes de l'UDI sont arrivés en tête avec entre 29,2 % et 32 % des suffrages, selon les premières estimations des instituts de sondage. L'ensemble des listes de droite (UMP-UDI et divers droite) recueillerait entre 36,1 % et 39,5 % des suffrages.

Les socialistes et leurs partenaires à gauche oscillaient entre 23,2 % et 32,7 %, mais le PS seul n'a obtenu que de 19,7 % à 25 %.

Le FN, crédité avant le scrutin d'au moins 30 % des intentions de vote par les instituts de sondage, a recueilli au final environ un quart des voix, entre 23 % et 26,3 %, selon les mêmes sources.

Le premier ministre a appelé «tous les républicains à faire barrage à l'extrême droite au deuxième tour», dimanche prochain, pour lequel le parti de Marine Le Pen devrait être qualifié dans de nombreux cantons, face la plupart du temps à des adversaires de droite.

Marine Le Pen a estimé qu'au vu des résultats de ce premier tour, le gouvernement de Manuel Valls devait «remettre sa démission». «Le FN réussit l'exploit de dépasser son score des européennes» de 2014, a-t-elle affirmé.

Pour l'ancien président de droite (2007-2012) Nicolas Sarkozy, «l'alternance est en marche» et «rien ne l'arrêtera». «Il n'y aura aucun accord local ou national avec les dirigeants du FN», a-t-il précisé. «Si nos compatriotes se sont massivement détournés de la gauche, c'est parce qu'ils ont le sentiment que depuis trois ans, on ne cesse de leur mentir», a aussi estimé le patron de l'UMP.

Là où les candidats de l'UMP «ne seront pas présents au second tour», ce parti «n'appellera à voter ni pour le Front national ni pour la gauche», a-t-il précisé.

Participation plus élevée qu'attendu

Le scrutin de dimanche a été marqué par une forte abstention, mais la participation a été plus élevée qu'aux élections europénnes de mai 2014, et supérieure à celle du précédent scrutin local comparable en 2011.

La mobilisation plus forte des électeurs n'a pas profité à l'extrême droite, qui a échoué dans son ambition d'arriver en tête du scrutin pour la deuxième fois en moins d'un an après les européennes de mai 2014.

Le FN caracolait en tête depuis plusieurs mois dans les sondages pour ces départementales, mais l'écart avec l'UMP s'était resserré au cours des derniers jours, au point de mettre les deux formations au coude à coude à la veille du scrutin.

Ce scrutin est considéré comme l'avant-dernier tour de chauffe avant des régionales fin 2015 et la présidentielle de 2017.

«D'ici quelques mois, nous enclencherons sur les régions, puis nous partirons à l'assaut de l'Élysée», le palais présidentiel, avait lancé avant le premier tour la patronne du Front national.

À la tête de 61 départements sur 101, la gauche divisée (socialistes, écologistes, communistes) est menacée d'en perdre près d'une trentaine.

Après être arrivé en tête dimanche, l'UMP, en reconstruction, devrait rafler la mise avec ses alliés centristes, profitant d'un report attendu de voix de gauche pour contrer l'extrême droite.

«Là où la gauche ne peut concourir, j'appelle au désistement républicain et je demande la réciproque», a ainsi déclaré dimanche soir Jean-Christophe Cambadélis, patron du parti socialiste.

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