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20/03/2015 06:19 EDT

L'ex-juge Jacques Delisle tente un recours auprès du ministre fédéral de la Justice (VIDÉO)

Le nouvel avocat de Jacques Delisle, Me James Lockyer, est persuadé que l'ex-juge de la Cour d'appel a été injustement condamné pour le meurtre de son épouse, Nicole Rainville.

Dans un point de presse vendredi matin, l'avocat de l'Association pour la défense des personnes injustement condamnées a expliqué les arguments sur lesquels se base sa demande au ministre de la Justice, Peter MacKay, de revoir le dossier de l'ex-juge Delisle.

James Lockyer croit que Jacques Delisle a été condamné sur la base d'une preuve balistique erronée et parce qu'il a refusé de témoigner à son procès.

Me Lockyer explique avoir fait une demande au centre d'expertise judiciaire de l'Ontario afin qu'il fasse une révision indépendante de la preuve balistique. Selon lui, cette révision devrait faire la preuve que la Couronne avait tort et que Nicole Rainville a bel et bien commis un suicide.

Il souligne par ailleurs que ce sont les pressions de ses proches qui ont poussé Jacques Delisle à ne pas témoigner lors de son procès et qu'un nouveau procès permettrait d'entendre cette version qui devrait l'innocenter.

Le fils de Jacques Delisle, Jean Delisle, a aussi fait une déclaration durant ce point de presse. Visiblement ému, il a affirmé que son père était victime d'une erreur judiciaire grave et que l'idée qu'il passe le reste de sa vie en prison leur était insupportable.

« Nous avons la certitude que mon père n'a pas tué ma mère. Nous n'en avons jamais douté un seul instant » — Le fils de Jacques Delisle, Jean Delisle

Jacques Delisle purge une peine de prison à vie pour le meurtre de son épouse, Nicole Rainville. Lors d'une entrevue exclusive à l'émission Enquête jeudi soir, l'ex-juge a révélé avoir menti sur la mort de sa femme, en novembre 2009.

Il l'aurait par contre aidée à se suicider en allant chercher une arme, en la chargeant et en la déposant près d'elle.

L'ex-juge a été condamné à vie pour meurtre prémédité par un jury.

Le seul recours qui demeure donc possible pour l'homme de 80 ans est de faire appel au ministre canadien de la Justice, qui peut ordonner un nouveau procès ou renvoyer le dossier devant la Cour d'appel s'il croit qu'il y a eu erreur judiciaire.

L'avocat du juge Delisle a mentionné qu'une demande dans ce sens avait été déposée récemment au bureau du ministre MacKay. Ce denier a toutefois mentionné ce matin qu'il n'avait encore rien reçu à cet effet.

Le suicide assisté est un crime en vertu du Code criminel. La sanction maximale prévue pour un tel crime est de 10 ans de prison.

Qui est James Lockyer?

L'avocat James Lockyer est le directeur et fondateur de l'Association pour la défense des personnes injustement condamnées (AIDWYC). Il a été impliqué dans la dénonciation de plusieurs condamnations injustifiées au Canada, dont trois cas d'homicide. L'un de ces cas a permis la libération de Guy Paul Morin en 1995, ce qui a conduit à une enquête publique en Ontario en 1997. Cette même année, Me Lockyer a coordonné l'analyse des tests d'ADN qui ont permis d'innocenter David Milgaard de l'assassinat de Gail Miller en 1969. Milgaard a passé 23 ans en prison avant d'être libéré.

En 2001, Me Lockyer fait partie d'un groupe d'avocats qui présente une demande auprès du ministre de la Justice pour un réexamen de la condamnation de Steven Truscott. En 1959, le jeune Truscott, âgé d'à peine 14 ans, a été condamné à mort pour le viol et le meurtre de Lynne Harper. La Cour d'appel a refusé d'entendre la cause en 1959 et la Cour suprême a maintenu le verdict de culpabilité en 1966. Il a été libéré en 1969, après 10 ans d'emprisonnement.

Le 28 octobre 2004, le ministre de la Justice renvoie la condamnation à la Cour d'appel de l'Ontario, après avoir été convaincu qu'une erreur judiciaire s'était probablement produite dans cette affaire. Finalement, la Cour ordonne que M. Truscott soit acquitté du meurtre.

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