POLITIQUE
18/03/2015 07:23 EDT

Les libéraux fédéraux Scott Andrews et Massimo Pacetti expulsés du caucus (VIDÉO)

Le député montréalais Massimo Pacetti, l'un des deux élus libéraux qui avaient été suspendus du caucus pour "inconduite personnelle", a annoncé mercredi qu'il ne se présenterait pas aux prochaines élections.

"Au cours des derniers mois, j'ai été forcé de gérer une situation qui ne concernait que ma vie personnelle mais qui a interféré avec ma capacité de représenter mes commettants le plus efficacement qui soit", a-t-il écrit dans une déclaration transmise aux médias.

Tout en clamant encore une fois son innocence, M. Pacetti précise dans sa lettre qu'après "mûre réflexion", il en est arrivé à la conclusion que chercher à se faire réélire en octobre 2015 "ne serait pas dans l'intérêt de (sa) famille et de (ses) concitoyens".

Peu avant que cette lettre ne soit rendue publique, des sources libérales confirmaient à La Presse Canadienne que le chef libéral, Justin Trudeau, s'apprêtait à annoncer l'expulsion définitive de M. Pacetti et l'autre député qui avait été éjecté, Scott Andrews.

Les deux hommes avaient été suspendus du caucus libéral le 5 novembre, en raison de leur inconduite alléguée à l'endroit de deux députées néo-démocrates, qui n'ont jamais dévoilé publiquement leur identité.

Dans la foulée de ces allégations, M. Trudeau avait commandé une enquête indépendante menée par l'avocate torontoise Cynthia Petersen, une spécialiste des droits de la personne qui avait enquêté sur des plaintes pour harcèlement sexuel dans le privé.

La directrice des communications du chef libéral a confirmé que ce dernier avait le rapport entre les mains, mais a refusé de commenter sur la décision qui en découlait.

"La seule chose que je peux confirmer, c'est que M. Trudeau a reçu le rapport. Le rapport est confidentiel, il ne sera pas rendu public", a écrit Mylène Dupéré.

Massimo Pacetti et Scott Andrews ont toujours nié avoir quoi que ce soit à se reprocher.

Ce dernier a également effectué une sortie, mercredi, se disant dit "abasourdi" d'avoir appris son expulsion du Parti libéral par le biais des médias.

Le député terre-neuvien a assuré avoir pleinement collaboré à l'enquête sur les allégations. Il affirme qu'on lui avait promis une copie du sommaire exécutif de Mme Petersen avant que ses conclusions ne soient rendues publiques.

Il a ajouté qu'il attendait ce sommaire depuis vendredi et assuré qu'il n'avait eu aucune discussion avec Mme Petersen, M. Trudeau ou le parti à ce sujet.

L'affaire de harcèlement présumé a éclaté en novembre sur la colline du Parlement après qu'une des deux députées du NPD se fut plainte directement à M. Trudeau du comportement de M. Pacetti.

La députée, qui a donné des entrevues journalistiques sous couvert de l'anonymat l'automne dernier, allègue que le député libéral a eu une relation sexuelle avec elle sans qu'elle ne lui fournisse un accord explicite.

Elle a également confié à M. Trudeau que le député Andrews harcelait sexuellement une de ses consoeurs néo-démocrates.

L'absence de processus formel pour l'enquête de plaintes pour inconduite contre des députés a fait en sorte qu'il avait été difficile d'examiner les allégations.

L'automne dernier, M. Trudeau avait initialement demandé à la whip du Parti libéral, Judy Foote, de discuter en privé avec les deux femmes, et, à la suite de ces discussions, avait choisi de suspendre MM. Pacetti et Andrews du caucus.

À ce moment, le chef libéral avait seulement indiqué avoir agi après avoir reçu des plaintes d'"inconduite personnelle" de la part d'une députée d'un autre parti. Il n'avait révélé ni la nature des plaintes, ni le sexe de la plaignante, ni le parti auquel elle appartenait.

Des députés néo-démocrates, furieux, l'ont cependant accusé de "revictimiser" les femmes en rendant l'affaire publique.

En décembre, M. Trudeau a embauché Mme Petersen pour mener une enquête. On ignore si les députées ont collaboré avec elle ou si elle a dû se fier aux notes prises lors de leur discussion avec Mme Foote.

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