DIVERTISSEMENT
18/03/2015 10:21 EDT | Actualisé 18/03/2015 11:51 EDT

Première montréalaise de «La passion d'Augustine», de Léa Pool (VIDÉO/PHOTOS)

Léa Pool dévoilait en première montréalaise son 18e film, La passion d’Augustine, mardi, au Cinéma Impérial. Déjà encensée un peu partout, l’œuvre jouit d’une distribution féminine étoilée (Céline Bonnier, Andrée Lachapelle, Marie Tifo, Pierrette Robitaille, Valérie Blais, Diane Lavallée, Marie-France Lambert) et nous transporte dans le Québec des années 1960, une époque chère au cœur de Léa Pool, qui y a déjà campé deux ses précédents opus, Maman est chez le coiffeur (2008) et Emporte-moi (1999).

Première du film «La passion d'Augustine»

L’histoire chorale entremêlant le destin de plusieurs religieuses se déroule plus précisément en 1968. Dans un couvent où on enseigne la musique, mère Augustine (Céline Bonnier), veille sur ses ouailles et transmet sa passion avec sensibilité et bienveillance. En ce moment charnière où de grands bouleversements sociaux et politiques secouent le Québec, la directrice devra affronter plusieurs tempêtes. D’abord, l’institution qu’elle dirige est menacée de fermeture en raison de l’implantation du système d’éducation public.

«C’est une période de grands changements pour le Québec, signale Léa Pool. Les écoles deviennent laïques, publiques, et le couvent est menacé. Les couvents de filles tenus par des religieuses ont été mis en danger avant les écoles de garçons tenues par des curés. Donc, mère Augustine va se battre, organiser une conférence de presse pour sauver son couvent.»

Puis, mère Augustine doit accueillir entre ses murs sa nièce, Alice (Lysandre Ménard), une jeune surdouée du piano un tantinet rebelle, qui préfère le jazz au classique, et qui lui fera revisiter un pan de son passé qu’elle avait jusque-là refoulé. Lysandre Ménard, jeune pianiste émérite, en est à sa première expérience devant la caméra et plusieurs lui prédisent d’autres rôles au grand écran, tant sa performance dans La passion d’Augustine est brillante.

«Elle arrive en milieu d’année scolaire, précise Léa Pool. Grâce à elle, mère Augustine va revivre ce qu’elle a elle-même vécu lorsqu’elle était très jeune, et elle va amener la modernité dans l’école.»

L’apport des religieuses

Si Léa Pool affectionne particulièrement la décennie 1960, c’est que celle-ci évoque son adolescence. Or, la cinéaste remarque que les grands enjeux qui causaient des tollés il y a 50 ans sont encore bien vivants dans l’actualité d’aujourd’hui. La passion d’Augustine en reflète quelques-uns.

«C’est sûr qu’il y a une modernité dans le sujet, relève-t-elle. On parle encore de la fermeture des conservatoires de musique, des écoles publiques versus les écoles privées, du droit d’enseigner ou d’être médecin avec un voile religieux, des accommodements religieux. Toutes ces questions sont encore extrêmement présentes.»

Avec La passion d’Augustine, Léa Pool propose une réflexion sur l’apport des religieuses dans la construction du Québec d’aujourd’hui et sur la vitesse à laquelle celles-ci ont été écartées du paysage culturel dans la foulée de la Révolution tranquille. À trop vouloir se libérer du joug de la religion, croit-elle, on a oublié de rendre à ces femmes le mérite qui leur revenait.

«Il fallait passer à autre chose, c’était nécessaire pour que la société évolue, mais ces femmes ont apporté beaucoup, beaucoup, au niveau de la musique, de l’éducation, de la construction des hôpitaux… On a vite rejeté le bébé avec l’eau du bain en se disant : les religieuses, bon débarras! Mais je pense qu’il est temps qu’on redonne à ces femmes ce qu’elles ont apporté. Qu’on parle de cette période de l’histoire que les jeunes ne connaissent pas.»

Léa Pool travaille présentement à deux autres projets de film, un documentaire et une fiction, soit l’adaptation du roman de Sophie Bienvenu, Et au pire on se mariera.

La passion d’Augustine prendra l’affiche vendredi, le 20 mars.

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