NOUVELLES
13/03/2015 04:24 EDT | Actualisé 13/03/2015 11:10 EDT

Le pape pense que son règne sera bref et ne se sent pas seul

Franco Origlia via Getty Images
VATICAN CITY, VATICAN - FEBRUARY 18: Pope Francis waves to faithful and pilgrims as he arrives in St. Peter's Square for his weekly audience on February 18, 2015 in Vatican City, Vatican. Speaking after the General Audience the Pope asked for prayers for our 'Egyptian brothers who were killed in Libya three days ago for the mere fact of being Christians'. (Photo by Franco Origlia/Getty Images)

Le pape François a déclaré au deuxième anniversaire de son élection avoir "la sensation" que son pontificat pourrait être assez bref, de l'ordre de quatre ou cinq ans, mais démenti se sentir "seul" et sans appuis.

Dans une longue interview à la chaîne de télévision mexicaine Televisa, reprise intégralement par Radio-Vatican, Jorge Bergoglio, qui est le 265e successeur de l'apôtre Pierre, a répondu franchement sur la durée possible de son règne, qui peut se clore par sa mort ou par une démission :

"J'ai la sensation que mon pontificat va être bref. Quatre ou cinq ans. Je ne sais pas. Ou deux ou trois. Deux ans sont déjà passés. C'est une sensation un peu vague que j'ai, celle que le Seigneur m'a choisi pour une mission brève. A cela je garde toujours la possibilité ouverte", dit-il.

Benoît XVI, en étant le premier pape en sept siècles à démissionner en février 2013, "a ouvert la porte avec beaucoup de mérite aux papes émérites. Il a ouvert une porte institutionnelle", a-t-il souligné.

François, 78 ans, ne dit cependant pas qu'il compte démissionner un jour, laissant la question dans le flou. De précédents propos en ce sens avaient créé des critiques et un grand émoi chez certains théologiens conservateurs.

L'idée de fixer une limite d'âge à 80 ans pour la démission d'un pape "ne me plaît pas beaucoup", ajoute-t-il, parce que la charge de pape "est une grâce spéciale". Décréter que cela finirait à 80 ans "créerait une sensation de fin, d'un pontificat voué à ne pas bien s'achever", dit-il dans des propos qui semblent destiner à rassurer les conservateurs.

François observe que pour certains théologiens, l'élection au pontificat est "un sacrement" , même si lui "ne le pense pas".

François parle aussi de son prédécesseur Benoît XVI, retraité au Vatican, qui est "heureux, satisfait, respecté par tout le monde". "Je vais lui rendre visite, parfois je lui parle au téléphone. On peut lui demander conseil. Il est loyal à mort", assure-t-il.

A la question : "cela vous plaît d’être pape ?", François répond sobrement et sans excès d'enthousiasme: "cela ne me déplaît pas". Il souligne longuement qu'il a toujours détesté voyager et qu'il a casanier.

Une des choses qu’il aimerait aujourd’hui est simple : pouvoir sortir un jour du Vatican sans être reconnu et pouvoir "aller manger une pizza".

"Je ne me sens pas seul. Sérieusement non!", répond-il à une autre question, alors que, selon de nombreuses sources informées, beaucoup dans l'administration de l'Église critiquent son style spontané et sa volonté de réformes.