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13/03/2015 17:13 EDT | Actualisé 13/03/2015 17:13 EDT

Ferguson : Pas d'arrestation en vue après les tirs contre deux policiers

ASSOCIATED PRESS
St. Louis Police Department Lt. Jerry Lohr, front, walks through a crowd of protesters trying to get them to move out of the street outside the Ferguson Police Department, Thursday, March 12, 2015, in Ferguson, Mo. Two police officers were shot early Thursday morning in front of the Ferguson Police Department during a protest following the resignation of the city's police chief in the wake of a U.S. Justice Department report. (AP Photo/Jeff Roberson)

Les enquêteurs à Ferguson (centre des États-Unis) n'avaient toujours pas retrouvé vendredi soir les auteurs des tirs qui ont blessé par balles deux policiers dans la nuit de mercredi à jeudi, a indiqué la police de St Louis.

« Je ne peux pas vous dire à l'heure qui l'est qu'une arrestation est imminente. Il n'y a personne en prison, c'est sûr », a admis le chef de la police du comté de St Louis Jon Belmar, lors d'une conférence de presse.

Ferguson est une petite ville de 21.000 habitants à grande majorité noire, dont les responsables sont blancs pour la plupart, située en banlieue de St Louis, dans le Missouri.

« Quand nous en serons au point d'avoir des pistes sérieuses, si nous pouvons faire quelque chose par votre intermédiaire pour que la communauté nous aide, nous vous informerons sûrement », a ajouté M. Belmar, s'adressant à la presse.

Ferguson a vécu l'an dernier plusieurs semaines de manifestations, parfois ponctuées d'émeutes, après la mort le 9 août d'un jeune noir de 18 ans, Michael Brown, tué de plusieurs balles par le policier blanc Darren Wilson, 28 ans. Ce dernier a depuis quitté la police sans être poursuivi.

Le ministère de la Justice avait refusé d'inculper le policier en arguant qu'il était en légitime défense.

Mais le ministère avait publié en parallèle un rapport dévastateur contre les pratiques policières au quotidien à Ferguson, en montrant, chiffres à l'appui, l'inégalité de traitement réservé aux Noirs.

À la suite de ce rapport, le chef de la police de la ville, Thomas Jackson, a annoncé mercredi sa démission.

Quelques heures après cette annonce, deux policiers ont été blessés par balles à la fin d'une manifestation près du commissariat de Ferguson.

La police de la ville a fouillé jeudi une maison et interrogé trois personnes, mais sans les arrêter.

« Plusieurs pistes nous ont menés à cette maison. Et nous avons pu enquêter là-dessus », a affirmé M. Belmar. « Les enquêteurs sont sur cette affaire 24 heures sur 24. Ils ne prendront pas de repos tant qu'on ne parviendra pas à une conclusion sur cette enquête », a-t-il insisté.

Au total, six personnes ont démissionné à la suite du rapport du ministère et une a été renvoyée.

Mais le maire républicain de la ville James Knowles, élu l'an dernier avant la mort de Michael Brown, a affirmé sur CNN vendredi qu'il avait l'intention de rester à son poste, malgré les nombreux appels à sa démission.

« Il y a des moyens de me faire partir si c'est la volonté des gens », a-t-il indiqué, faisant référence à la possibilité pour les habitants de signer une pétition en ce sens.

Plusieurs affaires de bavures policières où des hommes noirs ont été abattus par des policiers ont ravivé les tensions raciales aux États-Unis.

Ce fut encore le cas récemment après la mort de Tony Terrell Robinson, 19 ans, à Madison dans le Wisconsin (nord des États-Unis). Selon les autorités, il s'en serait pris à un policier venu le voir à son domicile.

Le bureau du médecin légiste du comté de Dane a indiqué vendredi que le jeune homme avait été atteint par balles, à la tête, au torse, et dans le haut du corps. Sa mort a été attribuée à un traumatisme causé par une arme à feu.