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12/03/2015 03:39 EDT | Actualisé 12/03/2015 03:39 EDT

Des Torontois veulent louer leur appartement durant les Jeux panaméricains

Songquan Deng via Getty Images
Toronto sunset over lake panorama with urban skyline.

À quatre mois de la tenue des Jeux panaméricains de Toronto, la location d'appartements de courte durée entre particuliers gagne en popularité dans la Ville Reine. De plus en plus de Torontois entendent profiter de l'événement dans l'espoir de réaliser des profits.

Un texte de Sarah-Émilie Bouchard

C'est le cas de Joanna Mendoza, une Torontoise célibataire assumant à elle seule une hypothèque de maison dans l'est de la ville.

« J'espère profiter des Jeux panaméricains. Les gens peuvent marcher de ma maison jusqu'au village des athlètes. » — Joanna Mendoza

Nouvellement inscrite sur le site d'Airbnb, elle entend louer une de ses chambres pour les Jeux panaméricains à 260 $ par nuit, soit quatre fois plus cher que son tarif durant le mois de mars. Un tarif qui pourrait être augmenté si la demande le permet dans les prochains mois.

« J'observe de près ce que les hôtels à proximité demandent. J'essaie de m'ajuster. Lorsque les hôtels seront au maximum de leur capacité, les gens seront prêts à payer. » — Joanna Mendoza

Si le phénomène est présent depuis déjà quelques années dans la Ville Reine, les Jeux panaméricains auront pour effet de l'amplifier.

C'est ce que croit Julie, dont le nom est fictif. Cette dernière, qui préfère garder l'anonymat, loue une chambre dans son appartement de l'ouest de la Ville depuis deux ans, sans l'accord de son propriétaire.

« Pour quelqu'un qui commence avec Airbnb, c'est une belle opportunité parce que la demande va être à son plus haut... Donc ça va être facile d'avoir des gens à la maison, [de] commencer à bâtir sa business... » — Julie (nom fictif)

Mécontentement dans l'industrie touristique

L'affaire ne fait pas le bonheur de l'association qui représente les hôtels, motels et restaurants en Ontario.

« Il y a des hôtels qui n'ont même pas encore de réservation pour la période des Jeux panaméricains. Chaque client qui opte pour Airbnb est un client de moins pour les hôtels. » — Tony Elenis, président et directeur général, ORHMA

L'association presse d'ailleurs le gouvernement provincial de mettre en oeuvre une loi pour réglementer l'industrie qui grandit à l'ère des nouvelles technologies.

« Nous avons besoin d'un mécanisme pour interdire la location de courte durée dans les condos et les maisons. » — Tony Elenis, président et directeur général, ORHMA

Pour sa part, l'association qui représente les hôtels de la grande région de Toronto croit que les hôtels et Airbnb peuvent coexister, mais à certaines conditions.

« La location de courte durée doit être soumise aux mêmes règles: ceux qui offrent un endroit où loger doivent payer des taxes, comme les hôtels le font. L'affaire doit être équitable pour tous. » — Terry Mundell, président et directeur général, Greater Toronto Hotel Association

Le ministère du Tourisme de l'Ontario indique pour sa part que c'est aux municipalités de réglementer l'industrie.

La Ville de Toronto dit être au courant du phénomène de location de courte durée. Elle admet d'ailleurs avoir reçu une plainte au sujet d'Airbnb.

Elle n'a toutefois pas l'intention de réglementer pour le moment.

Toronto compte 230 hôtels et 40 000 chambres d'hôtel.

Selon les organisateurs, 250 000 visiteurs et plus de 10 000 athlètes et responsables sont attendus cet été dans le cadre des Jeux panaméricains, qui auront lieu du 10 au 26 juillet 2015.

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