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11/03/2015 12:32 EDT

Projet d'attentat contre VIA Rail: ce que le jury n'a jamais su (VIDÉO)

Le jury au procès de deux hommes accusés d'avoir voulu faire dérailler un train entre Toronto et New York en 2012 vient d'entrer dans ses délibérations, ce qui nous permet de révéler des informations que les jurés n'ont jamais entendues pour ne pas influencer leur verdict.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Le Montréalais Chiheb Esseghaier et le Torontois Raed Jaser sont accusés d'avoir agi au nom d'Al-Qaïda dans le but de forcer le Canada à retirer ses troupes d'Afghanistan.

Le comportement de Chiheb Esseghaier en l'absence du jury mérite l'attention.

En fait, ses agissements ont commencé lors de la sélection du jury au tribunal le 30 janvier. Ce jour-là, la salle d'audience est remplie de candidats et Esseghaier s'est levé contre toute attente et s'est agenouillé en direction de La Mecque en faisant des incantations en arabe.

Le juge lui demande à plusieurs reprises de se taire et de rentrer dans le box des accusés. Le Montréalais obtempère finalement, après avoir terminé sa prière.

Le magistrat avait par la suite autorisé le prévenu à faire ses prières avant d'entrer au tribunal, mais le mal était fait. Une jurée potentielle avait pris peur dans le prétoire en voyant Chiheb Esseghaier se prosterner et elle avait dû être excusée à cause de sa réaction négative face à l'islam.

A la suite de cet épisode, la défense de Raed Jaser avait invoqué un vice de procédure et demandé que son client soit jugé seul. Le juge a toutefois rejeté sa requête, en affirmant que la conduite d'Esseghaier n'avait pas compromis l'intégrité de la défense de Jaser ni sa présomption d'innocence.

Jugé selon la charia

Au sujet de sa défense, Chiheb Esseghaier a dit au juge lors de l'enquête préliminaire qu'il voulait être jugé en fonction du Coran et non du Code criminel canadien. Le Montréalais lui avait même demandé de l'aider à persuader le Parlement fédéral de modifier la loi pour y inclure les préceptes du Coran en matière de justice.

Le magistrat avait rejeté sa motion, mais il lui avait proposé de solliciter l'aide d'un député pour qu'il lance une pétition en ce sens à sa place.

Le juge a d'ailleurs rappelé avant chaque audience qu'Esseghaier se considérait comme un visiteur au pays jusqu'au jour où il a finalement expliqué aux jurés que le Tunisien ne reconnaissait pas le Code criminel et qu'il aurait plutôt voulu être jugé selon le livre saint de l'islam.

Chiheb Esseghaier s'est par ailleurs plaint durant le procès de la façon dont des agents correctionnels le fouillaient à tâtons durant son transport au tribunal ou à la prison. Il renouvelait ses plaintes lorsque les agents étaient des femmes.

L'accusé avait en outre demandé à porter des caleçons longs, sous le genou, plutôt que des sous-vêtements, tel que le prescrit, selon lui, le Coran.