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09/03/2015 08:14 EDT

Écoulement de pétrole confirmé à Gogama (VIDÉO)

Des wagons brûlent toujours près de Gogama, en Ontario, où 38 wagons d'un train du Canadien National (CN) transportant du pétrole brut ont déraillé tôt samedi matin. Deux wagons sont toujours dans la rivière Makami, un affluent de la rivière Mattagami. Le CN confirme que du pétrole s'est écoulé des wagons endommagés et dit avoir installé trois digues pour contenir le déversement.

Le CN a pu retirer du site au moins 24 des 38 wagons qui ont déraillé, mais le feu y fait toujours rage. Un porte-parole du transporteur, Jim Feeny, explique que les équipes d'urgence combattent les flammes, un wagon à la fois. Elles utilisent des thermomètres infrarouges et des caméras thermiques pour évaluer l'état de chaque wagon.

Pour le moment, le CN ignore combien de litres de pétrole se sont déversés dans la nature.

Par ailleurs, les équipes du CN poursuivent la construction d'une voie de contournement afin de permettre la reprise du trafic ferroviaire. Un train amènera d'ailleurs les matériaux en soirée lundi jusqu'au lieu du déraillement.

Par ailleurs, les enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) espèrent pouvoir, pour la première fois aujourd'hui, examiner les wagons qui ont brûlé. L'intensité des flammes les a empêchés jusqu'à maintenant de s'en approcher.

Interruption du trafic ferroviaire

Le déraillement de Gogama force l'annulation de la circulation ferroviaire dans le secteur. Le pont qui franchit la rivière Makami, à Gogama, a été lourdement endommagé.

Via Rail affirme qu'un premier train pourrait quitter Winnipeg jeudi, mais le transporteur indique que ce départ demeure incertain, car il n'a pas été avisé du moment de la réouverture de la voie ferrée.

Inquiétude

Ce nouveau déraillement, le second dans la région de Gogama en trois semaines, inquiète les résidents car la voie ferrée passe au cœur du village.

Nelson Brunet songe à quitter la communauté, car il ne croit pas que le CN se préoccupe de la sécurité des communautés. Il affirme que les convois vont trop vite quand ils passent dans les villages et croit que la longueur des trains nuit aussi à la sécurité.

« Ça serait arrivé ici, tout le village y aurait passé... c'est comme une grosse bombe, ça. » — Nelson Brunet, résident de Gogama

Débat ravivé

Le CN assure que les wagons-citernes qui ont pris feu respectaient les nouvelles normes de résistance aux chocs mises en place par Ottawa après la tragédie de Lac-Mégantic.

Ce deuxième déraillement en trois semaines près de Gogama ravive le débat au pays entourant le transport ferroviaire de produits pétroliers. Le député du NPD Claude Gravelle dit que le fédéral doit en faire plus.

« Dans les deux derniers déraillements à Gogama, c'étaient des nouveaux wagons qui sont supposés être mieux bâtis, plus forts, pour éviter que ça prenne en feu. » — Claude Gravelle, député fédéral de Nickel Belt

Dans une déclaration écrite, la ministre des Transports, Lisa Raitt, s'est dite inquiète du nombre d'accidents qui ont eu lieu dans la région. « Nous ne savons pas encore ce qui a causé le déraillement, mais on s'attend à ce que la compagnie collabore à l'enquête du Bureau de la sécurité des transports », a-t-elle écrit.

Elle a ajouté que des mesures ont été prises par Ottawa pour la sécurité ferroviaire. « Nous avons présenté une législation qui donnera encore plus de pouvoir aux inspecteurs de Transport Canada pour vérifier les chemins de fer et faire en sorte qu'ils fonctionnent en toute sécurité », a rappelé Lisa Raitt.

De leur côté, les résidents de Gogama sont toujours sous le choc.

« Chaque fois qu'on va voir un train, particulièrement un convoi avec des wagons-citernes, ça va nous passer par la tête [le déraillement]. » — Gerry Talbot, résident

Le CN continue à surveiller la qualité de l'air, assurant qu'il n'y a pas de problème jusqu'à maintenant.

Pour sa part, le centre d'urgence de Gogama avise que l'eau de la municipalité demeure potable. La santé publique de Sudbury, de son côté, recommande aux résidents qui puisent leur eau directement du lac Minisinakwa ou de puits alimentés par la rivière de ne pas la consommer par mesure préventive.

Quatre déraillements en deux mois dans le nord de l'Ontario

Le porte-parole du BST, John Cottreau, a rappelé que « cet accident s'est produit approximativement à 37 km d'un autre déraillement d'un train de pétrole brut, le 14 février dernier ».