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08/03/2015 01:25 EST | Actualisé 08/03/2015 03:00 EDT

Qui sont les 46 000 partisans de l'État islamique sur Twitter?

Twitter

La bataille du groupe armé État islamique (EI) se déroule autant sur le terrain que dans le cyberespace. Internet est un puissant moteur de radicalisation, dont l'ampleur est difficile à mesurer en raison de ses frontières invisibles. La twittosphère n'échappe d'ailleurs pas au phénomène. Mais qui sont ces partisans de l'EI sur Twitter?

Un texte de Christine Bureau

Entre octobre et novembre 2014, un minimum de 46 000 comptes Twitter ont été utilisés par des partisans du groupe armé. L'Institut Brookings, basé à Washington, a colligé un échantillon de 20 000 comptes avant d'établir un portrait sommaire de ces usagers qui bombardent la toile de gazouillis en soutien à l'État islamique.

Où sont-ils?

Selon l'étude publiée vendredi et intitulée The ISIS Twitter Census, la plupart des messages proviennent des deux territoires occupés par l'EI, l'Irak et la Syrie. Suit de près l'Arabie Saoudite, puis viennent en quatrième position les États-Unis.

Ces données sont basées sur le lieu de location fourni par les usagers dans leur profil, le fuseau horaire utilisé et, dans une moindre mesure (3 %), les lieux recensés par les données GPS des téléphones mobiles des usagers, la plupart ayant désactivé cette fonction.

Les auteurs sont néanmoins conscients de la facilité avec laquelle il est possible de modifier les informations de son profil Twitter. Les comptes basés aux États-Unis éveillent d'ailleurs quelques soupçons.

« Nous avons de très bonnes raisons de penser que certains partisans de l'État islamique ont faussement indiqué comme lieu de localisation les États-Unis afin de créer une apparence de menace en territoire américain. »

— Tiré de l'étude The ISIS Twitter Census

#Étatislamique

En moyenne en 2013, un peu plus de la moitié des utilisateurs de Twitter (51 %) avaient choisi l'anglais comme langue principale lors de la création de leur profil. La langue arabe rejoignait une minorité d'utilisateurs (3 %).

À partir de ces mêmes paramètres, les chercheurs ont établi que chez les partisans de l'EI, l'arabe (73 %) est la langue la plus parlée, suivie de l'anglais (18 %) et du français (6 %).

Au final, les gazouillis des partisans de l'EI mélangent toutefois anglais et arabe, sans négliger les mots-clics. Parmi les mots-clics les plus populaires, #Étatislamique (en arabe) arrive loin devant #urgence et #Syrie.

Partir pour mieux revenir?

Au-delà de l'analyse de données, une question demeure pour les auteurs de l'étude. Et si les suspensions de comptes Twitter d'extrémistes favorisaient la création d'un réseau encore plus opaque, loin des idées modérées?

En septembre dernier, Twitter a supprimé 18 000 comptes suite à la diffusion de vidéos montrant la décapitation d'Occidentaux par le groupe armé. N'ayant eu accès aux données supprimées, les chercheurs ne peuvent garantir qu'ils étaient tous des partisans de l'EI.

Ils avancent toutefois que 8 % des activités en ligne de partisans de l'EI visent maintenant à reconstruire leur réseau partiellement décimé, tandis que le nombre de gazouillis partagés a largement diminué. Ils croient aussi que le rythme de création de comptes n'a pas rattrapé celui de leur suppression.

Mais les chercheurs avertissent qu'il n'est pas certain que la suppression de comptes Twitter soit l'unique solution au problème de la propagande radicale. « L'un des effets de ces suppressions est de rendre le réseau encore plus fermé », rendant l'accès aux messages modérés et de déradicalisation encore plus difficile.

Messages automatisés

Malgré un nombre moins élevé de comptes lié à l'État islamique, des applications existent pour diffuser en masse des messages envoyés sur Twitter. Des 5,4 millions de gazouillis analysés pour The ISIS Twitter Census, 20 % auraient été envoyés de façon automatisée.

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