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06/03/2015 12:23 EST | Actualisé 06/05/2015 05:12 EDT

L'ONU veut des négociations pacifiques entre les gouvernements rivaux en Libye

TRIPOLI, Libye - L'envoyé spécial des Nations unies en Libye, Bernardino Leon, a averti vendredi les deux factions rivales du pays de ne pas lancer d'attaques pendant la tenue de négociations sensibles dans la ville de Skhirat, au Maroc.

Des représentants des deux parlements libyens rivaux négocient pour la première fois en vue de former un gouvernement d'unité nationale et d'adopter des dispositions sécuritaires. Basés à Tripoli et à Tobruk, ces gouvernements se disputent le contrôle des infrastructures pétrolières nationales.

En vue de créer un environnement propice à la négociation, le parlement de Tobruk avait décrété un moratoire de trois jours sur les attaques aériennes avant le début des pourparlers. Toutefois, l'ONU rapporte que des frappes se sont déroulées jeudi et vendredi en Libye.

Au deuxième jour de la rencontre, l'envoyé spécial a déclaré que ces attaques «étaient une menace sérieuse» au bon déroulement de ces négociations. «La communauté internationale ne permettra pas de telles menaces aux processus politiques», a-t-il dit.

Bernardino Leon se montre optimiste quant au dénouement des discussions, car il estime que la détérioration rapide de la situation nationale pousse les rivaux à vouloir négocier.

«Les solutions ne seront pas trouvées en un jour ou deux», a-t-il averti en soulignant qu'il espérait voir «des avancées très importantes» être faites au cours des prochains jours.

Pour l'instant, les délégués des deux factions rencontrent les représentants onusiens séparément, mais ces derniers ont l'espoir que les négociations puissent éventuellement se faire face-à-face. Ils souhaitent que les rivaux mettent leurs différends de côté et travaillent ensemble contre le groupe armé État islamique.

D'ailleurs, vendredi matin, des militants ont attaqué le gisement de pétrole al-Ghani, près de la ville de Zalla, faisant huit morts avant d'y mettre le feu. La responsabilité de cette attaque à 750 kilomètres au sud-est de la capitale, Tripoli, n'a pas été revendiquée pour l'instant.

Des combattants affiliés à l'État islamique ont cependant attaqué plusieurs gisements de pétrole du pays dans les dernières semaines. La Libye a d'ailleurs dû suspendre certains contrats et invoquer une clause de force majeure. La production de pétrole du pays a baissé d'environ 25 pour cent par rapport à la normale.