POLITIQUE
06/03/2015 01:12 EST | Actualisé 06/05/2015 05:12 EDT

L'ONU presse le Canada d'enquêter sur les femmes autochtones disparues ou tuées

Sheila Paras via Getty Images

GENÈVE - Un comité des Nations unies fait écho aux demandes de Canadiens qui pressent le gouvernement fédéral de mettre sur pied une commission d'enquête publique nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.

Dans un rapport publié vendredi, le Comité de l'ONU sur l'élimination de la discrimination à l’égard des femmes affirme que le Canada a violé les droits des femmes autochtones en omettant d'enquêter sérieusement sur les raisons qui en font les cibles d'actes violents à répétition.

Il ajoute ainsi sa voix aux appels lancés au pays pour l'ouverture d'une enquête nationale. Le gouvernement conservateur a déjà déclaré à plusieurs reprises qu'une telle démarche n'était pas nécessaire.

Le rapport onusien explique que les autorités policières et judiciaires canadiennes ont failli à leur devoir de protéger efficacement les femmes autochtones. Le document affirme que ces femmes font face à des violations systématiques graves de leurs droits.

«Les femmes et les filles autochtones ont plus de chances d'être victimes de violence que les hommes ou les femmes non autochtones et sont plus à risque de mourir des suites de cette violence», statue le document.

«Malgré la gravité de la situation, l'État canadien n'a pas mis en place les mesures suffisantes pour s'assurer que de véritables enquêtes soient menées sur les disparitions et les meurtres des femmes autochtones et que des poursuites judiciaires s'ensuivent», ajoute le comité.

Le gouvernement canadien a officiellement exprimé son désaccord avec les conclusions du comité. Il rejette de nouveau la possibilité de mettre sur pied une commission d'enquête publique sur la question.

Deux membres du comité onusien, Nicklas Bruun et Barbara Bailey, ont visité le Canada en 2013 pour y mener une enquête confidentielle sur la violence subie par les femmes et les filles autochtones. Ils estiment que les racines du problème sont anciennes.

«La violence infligée aux femmes autochtones prend souvent sa source dans les profondes inégalités socioéconomiques et dans la discrimination à laquelle leurs communautés font face, qui remontent à l'époque de la colonisation», disent-ils.

Le Comité sur l'élimination de la discrimination à l’égard des femmes est constitué de 23 experts indépendants du droit des femmes. Il supervise la mise en oeuvre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes dans les 188 pays qui l'ont ratifiée, dont le Canada.

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