POLITIQUE
05/03/2015 09:04 EST

Projet de loi 20: le Conseil du statut de la femme réplique aux médecins (VIDÉO)

La présidente du Conseil du statut de la femme (CSF) se défend d'avoir signé «un chèque en blanc» au ministre de la Santé en appuyant le projet de loi 20 sur la tâche des médecins et s'étonne que des femmes médecins «considèrent qu'au nom du féminisme, le Conseil devrait prendre leur parti, et non celui des patientes».

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Dans une lettre ouverte publiée ce matin dans Le Devoir, la présidente du CSF, Julie Miville-Dechêne, répond aux nombreuses femmes médecins qui lui reprochaient hier d'avoir fait «du tort aux femmes» en prenant position pour le projet de loi 20 en commission parlementaire.

Julie Miville-Dechêne rappelle que le Québec est aux prises avec un problème «criant» d'accès aux soins de santé de première ligne.

Elle s'inquiète du fait que les femmes soient directement touchées par ce problème, que ce soit à titre de patientes, de proches aidantes ou de parents. «Pour les femmes âgées, vulnérables, en perte d'autonomie, c'est encore plus dramatique», ajoute-t-elle.

«Les experts indépendants que nous avons consultés [...] s'entendent sur le fait que les types de pratiques exercés par les omnipraticiens expliquent en bonne partie le manque d'accès.»

— Julie Miville-Dechêne, présidente du Conseil du statut de la femme

Réforme «réfléchie»

La présidente du Conseil du statut de la femme soutient dans sa lettre que le Conseil n'a pas abandonné les femmes médecins.

Elle souligne notamment que le CSF s'est inquiété publiquement du fait que « le gouvernement pénalise davantage les femmes médecins que les hommes » et a demandé la levée des exigences envers les médecins lors des congés de maternité ou de maladie.

Elle ajoute que dans son mémoire le Conseil a mis l'accent sur «la disparité salariale entre les femmes médecins et leurs collègues masculins».

Mme Miville-Dechêne conclut sa lettre en appelant le ministre Gaétan Barrette à élaborer une réforme «réfléchie».

Désaccord au sein du Conseil

L'appui du Conseil du statut de la femme provoque de vives réactions non seulement auprès des femmes médecins, mais également au sein de l'organisme.

En entrevue ce matin au journal Le Soleil, la présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec, Lucie Martineau, qui est également membre du CSF, affirme être en désaccord avec la position défendue par Mme Miville-Dechêne.

Selon elle, le mémoire présenté par le Conseil est contraire à sa position sur l'accès aux soins de santé présentée en 2013. Mme Martineau affirme également que les membres du Conseil n'ont pas été consultés avant la présentation du mémoire en commission parlementaire.

Hier, des médecins de famille ont signé une lettre dans Le Devoir dans laquelle ils reprochaient au Conseil du statut de la femme sa position sur le projet de loi 20.

En entrevue à l'émission 24|60, la Dre Sylvie Dufresne a estimé que les patientes, surtout les plus vulnérables, seront perdantes avec le projet de loi du ministre Barrette.

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