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05/03/2015 06:40 EST | Actualisé 05/03/2015 06:41 EST

L'heure des comptes est arrivée pour la profession médicale, affirme Philippe Couillard

Radio-Canada.ca

Interrogé sur la performance du système de santé de la France, où il poursuit sa mission économique, le premier ministre du Québec affirme que le temps où on envoyait un chèque aux fédérations médicales en échange de résultats est terminé au Québec.

Selon Philippe Couillard, qui répondait aux questions de notre journaliste Jean-François Bélanger à bord du TGV entre Bordeaux à Paris, le succès du modèle français repose sur deux axes principaux, soit le nombre très élevé de médecins dans l'Hexagone et des salaires sensiblement moins élevés qu'en Amérique du Nord.

Si le Québec avait le même ratio de médecins qu'en France, la province compterait des milliers de médecins de plus, reconnaît-il, mais l'État n'aurait alors pas les moyens de leur payer des salaires nord-américains.

Mais pour Philippe Couillard, tout ne s'explique pas que par le nombre de médecins. La façon d'organiser leur pratique y est aussi pour beaucoup dans la réussite d'un système de santé publique, d'où l'important coup de barre qui s'impose plus que jamais, selon le premier ministre.

L'heure des comptes est arrivée pour la pratique médicale

« Au cours des dernières années, on a vu le nombre de médecins augmenter, on a vu le revenu des médecins augmenter de façon très significative et, malheureusement, on n'a pas vu l'accès pour les patients s'améliorer pour la première ligne, notamment la médecine de famille », constate l'ex-ministre de la Santé sous le gouvernement de Jean Charest.

« Il est temps de mettre un terme à ce modèle où on envoyait de l'argent en espérant avoir des résultats. Cette fois moi je veux voir des résultats. Je veux voir des objectifs mesurables, je veux voir de la reddition de compte. »

— Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Un médecin de famille par famille, c'est possible

Ne se borner qu'au nombre de médecins dans la province pour expliquer la situation, c'est « manquer la moitié du problème », estime Philippe Couillard.

Selon lui, le Québec dispose déjà des ressources médicales nécessaires pour offrir aux Québécois un accès aux soins et aux médecins beaucoup plus important.

« On en formera plus [des médecins], mais je pense qu'avec le nombre qu'on a actuellement, et beaucoup de personnes s'entendent là-dessus, normalement on aurait assez de médecins pour offrir un médecin de famille à chaque famille », assure le premier ministre du Québec.

La façon d'administrer les ressources, et pour les médecins la façon d'administrer leur propre pratique, voilà ce qui fera la différence, estime le premier ministre.

« Le moment est venu au Québec où on a été au bout de ce qu'on pouvait faire avec le mode classique d'envoyer plus d'argent aux fédérations médicales avec l'espoir de voir l'accès s'améliorer. »

— Philippe Couillard, premier ministre du Québec

« Le moment de la reddition de compte est arrivé. Le moment des résultats mesurables est arrivé. Et c'est ce que fait Gaétan Barrette avec tout le soutien du gouvernement », conclut Philipe Couillard.

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