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05/03/2015 03:51 EST | Actualisé 05/03/2015 03:51 EST

Attentats du marathon de Boston: témoignage de Jeffrey Bauman, un double amputé

ASSOCIATED PRESS
It this courtroom sketch, U.S. Attorney William Weinreb, left, is depicted delivering opening statements in front of U.S. District Judge George O'Toole Jr., right rear, on the first day of the federal death penalty trial of Boston Marathon bombing suspect Dzhokhar Tsarnaev, Wednesday, March 4, 2015, in Boston. Tsarnaev, depicted seated second from right between defense attorneys Judy Clarke, third from right, and Miriam Conrad, right, is charged with conspiring with his brother to place two bombs near the marathon finish line in April 2013, killing three and injuring 260 people. (AP Photo/Jane Flavell Collins)

Un double amputé a témoigné jeudi au deuxième jour du procès des attentats du marathon de Boston, se souvenant d'un homme en noir déposant un sac à dos près de la ligne d'arrivée, avant de voir un "un éclair" et entendre "trois boums".

Le seul accusé, Djokhar Tsarnaev, 21 ans, risque la peine de mort pour ces attentats qui avaient fait 3 morts et 264 blessés.

Jeffrey Bauman, qui a perdu ses deux jambes dans l'explosion, était venu le 15 avril 2013 encourager son amie qui courait le célèbre marathon.

Il a raconté comment le jour des attentats, quelqu'un vêtu de noir était passé devant lui et avait déposé un banal sac à dos près de la ligne d'arrivée du marathon.

"Je pensais que c'était bizarre." Il se souvient alors des avertissements dans les aéroports, mettant en garde contre les bagages abandonnés. "Deux secondes plus tard j'ai vu un éclair, ai entendu trois 'boums' et me suis retrouvé par terre."

Jeudi, il était en short au tribunal, en dépit de la neige, ses prothèses bien visibles, expliquant qu'il avait encore du mal à porter des pantalons sur ses genoux mécaniques.

Peu après l'explosion, il découvre ses jambes complètement explosées. "Je pouvais voir mes os, ma chair qui sortaient", a-t-il témoigné. À terre, il entend la seconde explosion: "J'ai pensé 'nous sommes attaqués'."

Depuis son lit d'hôpital, il décrira l'homme au FBI, d'abord par notes, parce qu'il ne peut pas parler.

Il le décrit comme Blanc, grand - 1m87 environ, solidement bâti, avec une casquette noire "placée très bas", des lunettes de soleil, une veste à capuche.

Il travaille avec le FBI à un portrait robot et quand il voit à la télévision l'un des deux suspects filmés par une caméra de surveillance, il n'a aucun doute.

"Je disais 'c'est le gamin que j'ai vu, c'est lui'", se souvient-il.

Tsarnaev sans réaction

Djokhar Tsarnev, veste marron et chemise à col ouvert, avec sa petite barbe qu'il a laissé pousser en prison, n'a montré aucune réaction, évitant de regarder Jeffrey Bauman.

Mercredi, au premier jour du procès, son avocate Judy Clarke avait créé la surprise, en reconnaissant que son client était responsable. "C'était lui", avait-elle admis. Mais elle avait insisté sur le fait que Djokhar, 19 ans à l'époque, était sous l'influence de son frère aîné Tamerlan, 26 ans. Tamerlan était tué lors d'une confrontation avec la police à l'issue d'une traque qui avait duré trois jours et demi.

Djokhar, jeune musulman né au Kirghizstan d'un père d'origine tchétchène et d'une mère du Daguestan, plaide non coupable des 30 chefs d'accusation retenus contre lui pour ces attentats, les plus graves depuis le 11 septembre aux États-Unis.

Arrivé à l'âge de 8 ans dans la région de Boston avec ses parents, il avait obtenu la nationalité américaine en 2012 et était étudiant en 2013.

Le procureur avait affirmé mercredi que Tsarnaev voulait avec les attentats venger la mort de musulmans par les États-Unis à l'étranger.

Avant le témoignage de Jeffrey Bauman jeudi, un policier de Boston, Frank Chiola, a raconté dans la salle comble du tribunal fédéral de Boston comment il avait tenté en vain de réanimer une des trois personnes décédées, une jeune femme de 29 ans, Krystle Campbell.

"De la fumée sortait de sa bouche", a-t-il dit, peinant à raconter ce qu'il avait vu. "De la taille au bas du corps, c'est dur à décrire, mutilation complète", a-t-il raconté.

Dans une lettre ouverte à Tsarnaev, une autre victime, Rebekah Gregory, amputée d'une jambe et qui avait déjà témoigné mercredi, l'a qualifié de lâche. "Tu es un lâche. Un petit garçon qui ne m'a même pas regardée dans les yeux. Parce que tu ne peux pas supporter le fait que, ce que tu as cherché à détruire, tu l'as rendu plus fort", a-t-elle écrit sur sa page Facebook.

Avant de témoigner, le visage de Tsarnaev hantait ses cauchemars nocturnes.

"Maintenant tu n'es personne, c'est officiel, tu as perdu. Et c'est terrible pour ton frère. J'espère vraiement que cela valait la peine", a-t-elle ajouté.

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