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04/03/2015 07:08 EST | Actualisé 04/03/2015 07:12 EST

Le contrôle exercé sur le renseignement canadien est faible, selon Snowden

AP Images for The New Yorker
IMAGE DISTRIBUTED FOR THE NEW YORKER - Edward Snowden talks with Jane Mayer via satellite at the 15th Annual New Yorker Festival on Saturday, Oct. 11, 2014 in New York. (Christopher Lane/AP Images for The New Yorker)

L'ancien analyste de la NSA Edward Snowden, à l'origine des fuites sur les écoutes massives du renseignement américain, affirme que le système de surveillance des agences de renseignement au Canada est l'un des plus faibles de tous les pays occidentaux.

Il a tenu ces propos lors d'une téléconférence organisée par les Journalistes canadiens pour la liberté d'expression et l'école de journalisme Ryerson et animée par Anna Maria Tremonti, de CBC Radio.

Évoquant une extension des pouvoirs du renseignement canadien, Snowden a déploré aussi qu'Ottawa « essaie d'empêcher de témoigner d'anciens premiers ministres qui ont eu accès à des informations classifiées, qui comprennent la valeur de ces programmes [de renseignement] et qui avertissent la population en disant : «c'est quelque chose dont on doit parler, dont on doit débattre». Tous ces analystes et ces gens qui tentent de débattre n'ont pas accès à tous les faits. »

Le célèbre lanceur d'alerte n'a pas voulu commenter dans le détail le projet de loi antiterroriste C-51, affirmant qu'il appartient aux Canadiens de l'évaluer. Ce texte suscite des appréhensions au Canada en raison des pouvoirs qu'il confère aux forces de sécurités et aux agences de renseignement.

« Nous ne pouvons pas jeter tous nos droits, toutes nos libertés, toutes nos traditions, parce que nous avons peur de rares cas d'activités criminelles. »

— Edward Snowden

Les activités du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) sont surveillées par le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité, alors que celles du Centre de sécurité des communications (CSC) sont scrutées par un commissaire indépendant.

Une première base de données Snowden créée au Canada

Les documents classifiés dévoilés par Edward Snowden sont désormais dans une base de données en ligne, une première créée au Canada.

Ce projet conjoint des Journalistes canadiens pour la liberté d'expression et de la faculté d'information de l'Université de Toronto permet d'effectuer une recherche exhaustive dans l'impressionnante somme de documents.

Retour improbable aux États-Unis

Par ailleurs, après avoir évoqué un possible retour aux États-Unis, Edward Snowden a confié mercredi qu'il lui était impossible en l'état de rentrer dans son pays, où il ne croit pas pouvoir bénéficier d'un procès équitable.

« J'aimerais rentrer et affronter un procès équitable. Malheureusement, aucune offre de procès équitable n'est actuellement sur la table. »

— Edward Snowden

Réfugié en Russie depuis juin 2013, l'ancien analyste est accusé d'espionnage aux États-Unis pour avoir divulgué des documents confidentiels sur les pratiques de la NSA.

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