POLITIQUE
03/03/2015 06:24 EST | Actualisé 04/05/2015 05:12 EDT

Couillard ordonne au député Marc Tanguay de retirer une publicité sur un site controversé

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, rappelle à l'ordre un autre de ses députés. Cette fois, il a ordonné au député libéral Marc Tanguay de retirer une publicité du site Internet d'un centre communautaire islamique qui propose des textes prônant la violence faite aux femmes.

Un texte de Gaétan Pouliot

« Cette publicité doit être retirée », a tranché le premier ministre depuis Bordeaux, en France, où il est en mission.

Les fonds publics ne doivent pas servir à soutenir la diffusion de ces opinions, estime le premier ministre Couillard, soulignant que le député ne savait probablement pas que des ouvrages proposés par le site encouragent ouvertement la soumission des femmes et le recours à la violence contre elles.

Si la liberté d'expression permet de dire de telles choses au Canada, « on n'a pas à soutenir ça et certainement pas avec des fonds publics », a-t-il précisé.

Publicité retirée

À la suite de la sortie du premier ministre, la publicité a été retirée du site www.elfath.ca. Deux ouvrages prônant la violence faite aux femmes ont aussi été supprimés.

Le député Marc Tanguay n'avait pas rappelé Radio-Canada au moment d'écrire cet article.

Son député de LaFontaine a-t-il manqué de jugement? Philippe Couillard n'a pas voulu répondre à la question.

Mis au fait de la situation mardi, le député Marc Tanguay avait dans un premier temps refusé de retirer sa publicité.

« Rien aujourd'hui ne me permet de penser que nous n'aurions pas dû placer de la publicité pour nous assurer d'être visible auprès de ces citoyens de mon comté de LaFontaine », disait-il, précisant que le centre communautaire n'avait commis aucun geste illégal.

Corriger son épouse

Un portrait du député et l'adresse de son bureau de circonscription apparaissaient en évidence sur la page du centre Fath, qui se présente comme une association à vocation éducative et socioculturelle, sans but lucratif, oeuvrant au service de la communauté musulmane de Rivière-des-Prairies, à Montréal.

Le site, qui affiche les activités du centre communautaire, comporte aussi une bibliothèque virtuelle dans laquelle on retrouvait des ouvrages prônant la violence faite aux femmes.

Dans l'un de ces ouvrages, intitulé Exemption du Coran des mensonges des calomniateurs, il est écrit : « Si l'épouse de l'un d'entre nous n'accomplit pas sa prière ou refuse d'obtempérer aux ordres de son mari, celui-ci doit la corriger afin de ne pas la laisser détruire la cellule familiale, il ira même jusqu'aux coups, mais ces derniers ne doivent pas être douloureux ».

Un autre ouvrage intitulé L'islam la religion de tous estime qu'il est du « devoir » de la femme de rester à la maison pour prendre soin de sa famille. Si une femme n'a d'autre choix que d'intégrer le marché du travail, il lui faut choisir une fonction « adaptée à sa nature ».

« Il est du devoir de la femme de s'occuper principalement de son mari et de ses enfants. Elle doit consacrer son temps à gérer avec prudence les affaires de sa maison. Si la femme se trouve dans l'obligation de travailler, qu'elle le fasse en respectant les principes de l'islam et en choisissant les emplois qui s'adaptent à sa nature comme professeur, infirmière, gynécologue, pédiatre, etc. », peut-on lire.

La publicité de Marc Tanguay apparaissait à côté de ces ouvrages lors de leur consultation en ligne.

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