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01/03/2015 08:24 EST | Actualisé 01/05/2015 05:12 EDT

Salons de massage: rien n'a changé à Montréal en un an, sauf la loi fédérale

MONTRÉAL - Un an après la promesse du maire Coderre de sévir contre les salons de massage érotique, Montréal ne sait toujours pas ce qu'il adviendra des centaines d'établissements actuellement en activité aux quatre coins de la ville.

Les autorités municipales débattent encore de la façon de s'attaquer au problème des salons de massage érotique. Plusieurs d'entre eux sont ouverts à toute heure du jour et emploient illégalement des femmes payées pour avoir des relations sexuelles avec leurs clients dans les salles de massage.

En l'absence d'une politique claire, les groupes communautaires et les propriétaires de salons estiment que la police laisse ces établissements, qui sont en fait des bordels, poursuivre leurs activités en vertu d'une entente tacite. Celle-ci s'appuie sur des conditions telles ne pas engager des mineures, ne pas forcer les femmes à poser des gestes qu'elles ne désirent pas et garder le crime organisé hors de ces établissements.

Yanick Chicoine, qui gère deux salons de massage érotique dans l'est de Montréal, assure que la police le laisse tranquille même si certaines de ses employées vendent leur corps à l'intérieur de son commerce. L'homme de 37 ans affirme que certaines prennent leur douche avec leurs client et les masturbent après un massage ; d'autres leur offrent du sexe oral, ou plus.

«La police m'a expliqué que son plan était de se concentrer sur les proxénètes qui engagent des mineures, qui exploitent des femmes ou qui font du trafic de drogue, raconte Yanick Chicoine. Un jour, un officier de police m'a dit : "Nous savons ce qui se passe dans ton salon, et nous préférons voir [la prostitution] pratiquée dans ce genre d'endroit plutôt que dans la rue."»

Lui-même estime que ses commerces sont transparents, propres et sûrs et qu'ils devraient être légalisés, car la prostitution ne disparaîtra jamais.

L'inspectrice-chef responsable de la stratégie montréalaise concernant la prostitution au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Johanne Paquin, confirme que des établissements comme ceux de M. Chicoine ne sont pas la priorité de son département. Elle nie cependant que le SPVM ait formulé une directive particulière demandant d'ignorer les salons de massage.

Les propriétaires de salons et les organismes qui représentent les prostituées croient que cette stratégie signifie que ces établissements poursuivront leurs activités dans une relative impunité. Selon eux, la nouvelle loi fédérale contre la prostitution est ignorée, du moins en partie.

Denis Coderre avait un plan ambitieux pour éliminer les maisons closes de Montréal. Toutefois, un jugement de la Cour Suprême du Canada rendu à la fin de 2013 a forcé le gouvernement fédéral à réécrire les lois régissant la prostitution au pays, obligeant le maire à mettre son idée en veilleuse.

La nouvelle loi, entrée en vigueur en décembre dernier, criminalise de nouveau les propriétaires de maisons closes et leurs clients et reconfirme l'illégalité des salons érotiques où des femmes vendent des services sexuels.

Le porte-parole du maire Coderre, Louis-Pascal Cyr, assure que des discussions sont en cours entre des représentations de la ville, et du SPVM ainsi que des avocats, qui élaborent un plan d'action.

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