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01/03/2015 10:02 EST | Actualisé 01/03/2015 10:02 EST

Netanyahou aux États unis pour torpiller le « mauvais » accord sur le nucléaire iranien

ERIC FEFERBERG via Getty Images
French President Nicolas Sarkozy (R) listens to Israeli opposition leader Benjamin Netanyahou (L) delivering a speech at the Knesset, the Israeli parliament on June 23, 2008 in Jerusalem. Sarkozy called for a halt to Jewish settlement activity in the occupied West Bank while proclaiming his staunch support of Israel in an address to its parliament. AFP PHOTO POOL / ERIC FEFERBERG (Photo credit should read ERIC FEFERBERG/AFP/Getty Images)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou est aux États-Unis pour une mission « historique » de trois jours visant à torpiller le « mauvais » accord international sur le nucléaire iranien que Washington veut au contraire sceller à tout prix d'ici un mois.

Ce règlement historique entre les grandes puissances et la République islamique qui doit être signé au plus tard le 31 mars provoque un très sérieux coup de froid entre les alliés israélien et américain. Symboliquement, au moment où M. Netanyahou arrivait dimanche soir à Washington, le secrétaire d'Etat John Kerry arrivait, lui, en Suisse pour de nouvelles discussions avec l'Iran.

M. Netanyahou doit faire un discours lundi devant la conférence annuelle du lobby américain pro-israélien Aipac, avant de s'adresser solennellement mardi au Congrès, entièrement contrôlé par les républicains, puis de rentrer en Israël.

« Nous savons beaucoup de choses de l'accord qui est en train de sortir », a déclaré l'entourage du chef du gouvernement israélien à son arrivée aux États-Unis.

Et, a-t-on dénoncé, « à notre avis, c'est un mauvais accord ».

Israël pense en effet qu'une entente entre le groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) avec l'Iran ne l'empêcherait pas de se doter de la bombe atomique. Une arme nucléaire aux mains de la puissance chiite est un chiffon rouge pour l'État hébreu, mais aussi pour l'administration de Barack Obama qui, si elle mise depuis des années sur la voie diplomatique avec Téhéran, n'a jamais totalement exclu l'option militaire.

En cas d'accord, en échange de garanties sur la nature civile et pacifique du nucléaire iranien, l'Iran obtiendrait une levée des sanctions internationales.

Avant de quitter Israël dimanche, le Premier ministre avait dit se rendre à Washington « pour une mission cruciale et même historique ».

« J'ai le sentiment d'être l'envoyé de tous les citoyens d'Israël, même de ceux qui ne sont pas d'accord avec moi, et de l'ensemble du peuple juif », avait-il lancé, affirmant « ressentir une inquiétude profonde et sincère pour la sécurité de tous les citoyens d'Israël, et pour le destin de notre pays et de notre peuple ».

Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour assurer notre futur", avait-il averti.

Washington ulcéré

Mais son voyage aux États-Unis, en pleine campagne électorale pour les législatives israéliennes du 17 mars, ulcère le gouvernement américain.

Furieuse de cette visite organisée dans son dos par le speaker de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner, la Maison-Blanche a exclu toute rencontre avec M. Netanyahou. Et le vice-président Joe Biden, qui assiste traditionnellement aux discours de dirigeants étrangers, devait se rendre -- opportunément -- au Guatemala.

John Kerry est donc aussi à l'étranger, au moins jusqu'au 7 mars.

« C'était bizarre, voire unique, d'avoir appris (le voyage de M. Netanyahou) de la bouche du speaker de la Chambre et que le gouvernement n'ait pas été inclus dans le processus », avait dit le chef de la diplomatie américaine sur la télévision ABC, juste avant de quitter Washington dimanche matin. « Le Premier ministre d'Israël est bien sûr le bienvenu pour parler aux États-Unis et nous n'avons jamais eu dans l'Histoire une relation plus étroite qu'aujourd'hui avec Israël, en termes de sécurité », avait-il assuré, en signe d'apaisement.

Beaucoup plus sévère, la conseillère à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche Susan Rice avait fustigé la semaine passée une initiative « destructrice pour les bases mêmes des relations américano-israéliennes ».

Du jamais vu depuis des années entre les alliés aux liens régulièrement présentés comme « indestructibles ».

En Suisse de lundi à mercredi, M. Kerry doit revoir plusieurs fois son homologue iranien Mohammad Javad Zarif avec qui il négocie depuis des mois.

M. Zarif avait taclé, samedi, « Monsieur Netanyahou (qui) est contre toute solution », jugeant que ses efforts pour faire capoter l'accord sur le nucléaire seraient « infructueux ».

Mieux, selon un proche conseiller du président iranien Hassan Rohani, le voyage du Premier ministre israélien « profitera » in fine à la République islamique. Son « discours guerrier » creusera « les failles » entre « les États-Unis et le régime sioniste », a écrit Hamid Aboutalebi sur Twitter.

Le président américain Barack Obama a fait d'un rapprochement avec l'Iran une priorité de sa politique étrangère. Dans le même temps, ses relations personnelles avec le Premier ministre israélien sont notoirement mauvaises.

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