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01/03/2015 12:23 EST | Actualisé 01/05/2015 05:12 EDT

Le premier ministre irakien lance un ultimatum aux combattants sunnites

BAGDAD - Le premier ministre irakien a demandé dimanche aux combattants tribaux sunnites de renoncer au groupe armé État islamique, à l'aube d'une offensive pour arracher la ville natale de Saddam Hussein aux djihadistes.

Haider al-Abadi n'a pas précisé à quel moment sera lancée l'attaque contre Tikrit, à environ 130 kilomètres au nord de Bagdad. La ville est tombée entre les mains du groupe armé État islamique l'été dernier, mais elle est aujourd'hui encerclée par les forces de l'ordre irakiennes et des milices chiites.

Les médias officiels rapportent que la ville «sera bientôt rendue au peuple».

Toutefois, l'envoi de miliciens chiites dans les rues de la ville sunnite pourrait relancer les sanglantes bagarres de rue qui ont éclaté après l'invasion américaine, en 2003. Samedi, deux voitures piégées ont tué 16 miliciens chiites et en ont blessé 31 autres.

M. al-Abadi a offert aux combattants sunnites ce qu'il a appelé une «dernière chance», lors d'une conférence de presse à Samarra, à 95 kilomètres au nord de Bagdad.

Son entourage a expliqué qu'il est arrivé à Samarra pour «superviser l'opération qui libérera Tikrit des groupes terroristes».

«Je demande à ceux qui ont été induits en erreur ou qui ont fait une erreur de déposer leurs armes et de joindre le peuple et les forces de l'ordre afin de libérer ces villes«, a dit le premier ministre.

M. al-Abadi a révélé que l'opération verra des troupes arriver de plusieurs directions, mais il a refusé de dire exactement à quel moment elle débutera. Sa présence à Samarra démontre toutefois que cela est imminent. Un communiqué publié par son cabinet tard dimanche annonçait le début d'une opération de sécurité pour «libérer» la province de Salahuddin, même si on ne notait aucune activité militaire.

Une première offensive pour reprendre Tikrit avait avorté en juin. Tikrit compte parmi les plus grandes villes contrôlées par les djihadistes et elle se trouve le long de la route vers Mossoul, la deuxième ville irakienne en importance. Mossoul est aussi entre les mains du groupe État islamique et toute offensive pour la reprendre impliquerait tout d'abord la capture de Tikrit.

Plus de 1100 Irakiens, dont plus de 600 civils, sont morts en février en Irak en raison de la violence régnant sur le pays, a annoncé dimanche l'ONU.

La Mission d’assistance des Nations Unies en Irak (MANUI) a indiqué que 611 civils figuraient parmi les 1103 personnes tuées au cours du mois de février. Les autres morts sont des membres des forces de sécurité. Au moins 2280 personnes ont été blessées, dont 1343 civils.

En janvier, au moins 1375 personnes avaient péri.

La violence demeure présente dans la capitale Bagdad où 329 civils sont morts et 875 autres ont été blessés.

L'ONU a aussi estimé de façon modeste les pertes enregistrées dans les régions contrôlées par l'État islamiste.

Selon l'envoyé de l'ONU, Nikolaï Mladenov, les groupes extrémistes, les forces gouvernementales et les milices chiites sont responsables des pertes de vie enregistrées en Irak. Il a fait remarquer que le groupe État islamique continuait de perpétrer quotidiennement des attentats contre des Irakiens. M. Mladenov a ajouté qu'on lui avait rapporté un certain nombre d'assassinats en représailles dans les régions récemment libérées.

M. Mladenov a demandé aux différentes factions de se réconcilier car «une solution exclusivement militaire au problème du groupe État Islamique est impossible».

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