NOUVELLES
01/03/2015 06:15 EST | Actualisé 01/03/2015 06:16 EST

Hijab en cour : une plainte déposée contre la juge Marengo

Radio-Canada

Un citoyen a porté plainte au Conseil de la magistrature du Québec pour dénoncer la décision de la juge de la Cour du Québec, Eliana Marengo, de ne pas entendre la cause d'une musulmane parce qu'elle était voilée.

Rania El-Alloul devait comparaître mardi dernier à la Cour du Québec pour récupérer son véhicule saisi par la Société de l'assurance automobile du Québec. Mais la juge a refusé d'entendre son témoignage, à moins qu'elle ne retire son hijab, ce qu'elle n'a pas voulu faire.

Le dépôt de cette plainte survient au lendemain du lancement d'une campagne de financement sur Internet qui a pour objectif de permettre à Rania El-Alloul de s'acheter une nouvelle voiture. Dimanche, près de 40 000 $ avaient été amassés, soit le double de l'objectif initial.

Dans sa plainte, le Montréalais Jean-Pierre Lussier indique que la décision de la juge Eliana Marengo a été décriée par de nombreux citoyens, politiciens et groupes de protection des droits civils partout au Canada.

« Plusieurs journaux et personnes sont surpris de voir la rigidité de cette juge. » — Jean-Pierre Lussier, plaignant

Jean-Pierre Lussier, qui ne connaît pas Mme El-Alloul, dit avoir été « particulièrement interpellé » par ce cas.

Procédure de plainte

Au Québec, c'est le Conseil de la magistrature qui a pour mandat d'étudier les situations où une personne se plaint de la conduite d'un juge.

Sur son site Internet, le Conseil indique ne pouvoir traiter une plainte que si elle est faite pour des raisons valables, c'est-à-dire si le plaignant « a connaissance de gestes ou de paroles qui ne respectent pas les règles de conduite prévues pour les juges dans leur Code de déontologie ». Ces règles prévoient que « le juge doit être honnête, connaître la loi, la respecter et avoir une conduite exemplaire ».

Si la plainte de M. Lussier est retenue, le Conseil procédera à l'examen des faits. La plainte peut alors être rejetée ou justifier la tenue d'une enquête. Si la décision des enquêteurs conclut que la plainte est justifiée, le Conseil impose au juge une réprimande ou la recommandation de destitution.

Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST