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28/02/2015 08:14 EST | Actualisé 28/02/2015 08:14 EST

Rencontre bouleversante avec la famille d'un Montréalais soupçonné d'être parti faire le djihad

Radio-Canada.ca

Les parents d'un des six Québécois soupçonnés d'être partis combattre en Syrie ont bien voulu partager leur incompréhension, leur tristesse et leur inquiétude face à la disparition soudaine de leur fils, un jeune homme de 29 ans qui étudie à la maîtrise.

Un texte de Karine Bastien

À notre arrivée dans l'appartement du jeune homme disparu, sa mère est en pleurs. Sous le choc, couchée sur un matelas de camping, en sanglot, la mère répète qu'elle ne veut pas être filmée.

Elle explique en sanglotant qu'elle ne peut pas se lever depuis que son fils est parti. Qu'elle ne peut plus marcher. Lorsqu'on lui demande ce qui est arrivé à son fils, elle crie, pleure, laisse sortir la tristesse et la colère. « Ils ont pris mon fils! Je les déteste, on est malheureux. Ils lui ont fait un trou dans la tête, il lui ont lavé le cerveau », dit-elle.

Le père a un visage hagard. Il est pensif et répond parfois aux paroles de sa femme en arabe, leur langue maternelle.

La mère s'est remise à pleurer, en disant qu'elle avait tout donné à ses enfants. Ils ont vendu leurs deux maisons pour permettre à leurs six enfants de venir étudier au Canada.

Les parents du jeune homme disparu n'ont pas voulu être photographiés, filmés ou identifiés, affirmant ne pas vouloir être jugés et tenir à garder leur vie privée. L'entretien a duré deux heures en tout.

Une disparition aussi soudaine qu'inexpliquée

Les parents vivent à l'étranger, mais ils arrivent au Canada le 1er janvier pour visiter leurs enfants. Quinze jours plus tard, leur fils de 29 ans quitte l'appartement avec son sac à dos et son portable, « pour aller rejoindre des amis », dit-il.

Trois jours s'écoulent avant que le grand frère alerte les autorités de sa disparition.

Les policiers de la GRC les avisent rapidement que leur fils s'est envolé pour la Turquie le 18 janvier et qu'il a acheté un billet de retour pour le 10 février. Son retour se fait toujours attendre.

Que s'est-il passé? Tous les membres de sa famille disent n'avoir rien remarqué d'anormal.

« Je ne suis pas inquiet qu'il fasse le djihad », dit son frère

Le grand frère du jeune homme disparu et sa femme arrivent à l'appartement pendant l'entretien. La dame nous ordonne d'abord de quitter les lieux, mais après discussion avec le grand frère, celui-ci accepte de nous parler.

Selon lui, il est clair que son frère n'a pas rejoint les djihadistes. Il n'avait pas le profil. Il était contre les attentats de Charlie Hebdo, il était contre les djihadistes. Il ajoute que son frère n'est pas un musulman pratiquant. Il ne priait pas cinq fois par jour et buvait du vin, dit-il.

« J'ai de la peine, pas parce que j'imagine qu'il fait le djihad, mais parce qu'il me manque », explique-t-il.

« Je ne suis pas inquiet qu'il fasse le djihad. C'est mon frère. Cette hypothèse qu'il fasse le djihad n'existe pas dans ma tête. »

— Le grand frère du jeune homme disparu

Le grand frère souhaite maintenant qu'il donne signe de vie. « J'espère que mon frère va prendre contact avec nous », souhaite-t-il.

Son frère connaît-il Adil Charkaoui, président du Centre communautaire islamique de l'Est de Montréal? « Non, il n'a aucun lien avec cet homme », répond-il, certain que son frère n'a jamais fréquenté l'école.

Selon lui, rien ne prouve que son petit frère se trouve en Syrie. « Il est peut-être parti se ressourcer en Turquie, il est déjà parti en voyage sans le dire », lance une membre de la famille.

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