NOUVELLES
27/02/2015 09:47 EST | Actualisé 27/02/2015 09:48 EST

Les amateurs de vin n'ont jamais été aussi nombreux au Canada

Radio-Canada.ca

Les Canadiens consomment de plus en plus de vin et surtout de meilleure qualité que jamais. En grande majorité, il s'agit de vin importé, mais les vignerons canadiens n'ont pas trop à se plaindre parce qu'en quelque sorte, ils sont victimes de leur propre succès.

Un texte de Frédéric Arnould

La consommation annuelle de vin au Canada est de près de 15 litres par personne. Il s'agit d'un marché de plus de six milliards de dollars, ce qui fait du Canada le sixième plus gros importateur mondial, selon Xavier De Eizaguirre, le président de Vinexpo.

« C'est un marché de plus de 50 millions de caisses de vin consommées chaque année et c'est un marché en constante progression, tant sur le plan quantitatif que sur le plan qualitatif. »

— Xavier De Eizaguirre

Car le palais des Canadiens est de plus en plus fin. Selon le rapport annuel de Vinexpo, les consommateurs n'hésitent pas à débourser davantage pour du vin de meilleure qualité. Dans l'ordre, ils boivent surtout de l'italien, de l'américain, du français et de l'australien.

Vin importé

La grande majorité du vin consommé au Canada vient donc d'ailleurs, et c'est tout bénéfice pour la Québécoise Nathalie Bonhomme, qui produit son vin en Espagne et l'importe majoritairement au Canada.

Plus de 250 000 bouteilles des vins étiquetés « Bonhomme » prennent le chemin du Canada chaque année et bien davantage lorsqu'elle y ajoute l'ensemble des vins qu'elle représente sur le marché canadien.

« Une personne sur 10 au Québec boit de mes vins » n'est pas peu fière de constater Nathalie Bonhomme.

La France n'est pas un débouché prometteur

Mais, comme exportateur, le Canada est un joueur minuscule sur le marché mondial du vin. Les représentants des 170 domaines vinicoles de 14 pays qui sont présents à Vancouver, à l'occasion du 37e festival annuel du vin, le constatent.

Parmi eux, Olivier Souvelais, directeur du Château Gassier, spécialisé en vins rosés de Provence. Il avoue lui-même ne jamais avoir vu de vin canadien sur les tablettes en Europe. Le festival lui a permis d'en découvrir.

« J'ai été sidéré par la qualité de ce que j'ai goûté, déjà surprise personnelle parce que je ne savais pas qu'on faisait des vins ici, a-t-il expliqué. Moi, vu depuis la France, Vancouver, c'était de la neige et du froid, et en fait non c'est complètement idiot parce qu'on est sur le bord de mer donc, c'était juste pas possible donc j'aurais dû y penser avant. »

Le marché français selon lui risque de décevoir les producteurs canadiens de toute façon. « Les vins étrangers en France, c'est pas plus de 2 % de part de marché, dont plus de la moitié sont des vins du Maghreb, principalement, donc je veux pas décevoir nos amis producteurs canadiens, mais je pense qu'il y a d'autres marchés prioritaires. »

Bons produits, mais pas assez de production

Il est loin le temps où la fierté vinicole du Canada était le mousseux Baby Duck (toujours en vente cependant). Le Canada produit bien plus que de l'excellent vin de glace.

Les vins blancs et même rouges ramassent de plus en plus de récompenses à travers le monde lors des compétitions vinicoles. Les vignerons de la vallée de l'Okanagan comme Harry Mc Watters, véritable institution du monde vinicole en Colombie-Britannique, essaient donc, petit à petit, de percer les marchés étrangers.

Il vient tout récemment d'envoyer une commande aux États-Unis et en Chine, le nouvel eldorado du vin. Mais son domaine, Time Estate Winery, produit seulement 10 000 caisses par année. Pas de quoi arroser les marchés étrangers, car, comme la plupart de ses confrères vignerons de la région, une majorité écrasante des vins d'ici sont vendus sur le marché canadien.

Ainsi, il n'est d'ailleurs pas rare que les domaines n'aient même pas suffisamment de production vinicole pour pouvoir vendre en dehors des frontières de la province. Il suffit de se rendre dans une succursale de la SAQ pour se rendre compte du parfois maigre choix des vins ontariens ou britanno-colombiens.

Bref, un beau problème, pour les producteurs d'ici qui doivent, pour l'instant, faire une croix sur les plus grands marchés internationaux.

Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST