NOUVELLES
24/02/2015 05:46 EST | Actualisé 26/04/2015 05:12 EDT

Ukraine: les rebelles annoncent le début du retrait de leurs armes lourdes

KIEV, Ukraine - Des canons déployés près du plus important bastion rebelle dans l'est de l'Ukraine ont été repliés en territoire séparatiste mardi, mais le gouvernement ukrainien réfute les affirmations des insurgés qui affirment avoir entrepris le retrait de leurs armes lourdes.

La trêve négociée le 12 février vise à créer une importante zone tampon entre les forces rebelles et séparatistes, dans l'espoir de mettre fin à un conflit qui a fait près de 5800 morts depuis le mois d'avril.

La mésentente concernant le retrait des armes survient au moment où les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l'Ukraine, de l'Allemagne et de la France se rencontraient à Paris pour discuter de l'accord de paix. Ces discussions ont pris fin sans progrès apparents.

Un commandant des rebelles de la région de Donetsk, Edouard Basurin, affirme que les insurgés ont entrepris le retrait de leurs armes lourdes, en respect avec le plan de paix, mais il n'était pas possible de vérifier cette affirmation. Un site internet rebelle cite M. Basurin affirmant qu'une centaine d'obusiers de 122 millimètres seront repliés mardi.

Des journalistes de l'AP ont vu une dizaine de canons être déplacés de Donestk vers Ilovaysk, à environ 20 kilomètres plus à l'Est. Cela voudrait dire qu'ils ont été repliés d'environ 25 kilomètres, comme cela est exigé pour les armes de ce calibre.

Un représentant de l'équipe internationale qui supervise la situation, Michael Bociurkiw, a dit qu'il ne sera pas en mesure de commenter tant qu'il n'aura pas reçu le rapport des inspecteurs, au cours des prochaines heures.

Un leader rebelle de la région de Lougansk prétend que les forces ukrainiennes ont elles aussi entrepris un repli partiel, mais un porte-parole de l'armée ukrainienne, le colonel Andriy Lysenko, affirme qu'aucun repli n'est en cours.

«(Les rebelles) ne font que se regrouper et leurs hommes déplacent leurs armes, a-t-il dit aux journalistes. Quand le cessez-le-feu aura tenu le coup pendant deux jours, ce sera le signal d'entreprendre le retrait.»

Des journalistes de l'Associated Press ont vu des batteries d'artillerie automotrices ukrainiennes se dirigeant vers la ville gouvernementale d'Artemivsk et s'éloignant du noeud ferroviaire stratégique de Debaltseve, que l'armée a abandonné la semaine dernière après des semaines de combats.

Le premier ministre britannique David Cameron a prévenu mardi qu'une nouvelle intensification des combats pourrait valoir de nouvelles sanctions occidentales à la Russie.

«S'il y a un autre Debaltseve cela entraînera des sanctions qui seront très différentes de celles que nous avons vues jusqu'à présent», a déclaré M. Cameron devant un comité parlementaire.

À Washington, le secrétaire d'État américain John Kerry a accusé la Russie de multiplier les «fausses représentations, les mensonges, peu importe le terme que vous voulez utiliser».

La trêve qui devrait prévaloir dans l'est de l'Ukraine a été violée à plusieurs reprises. Un porte-parole militaire ukrainien, le lieutenant-colonel Anatoli Stelmakh, a rapporté mardi que les rebelles ont bombardé la ville de Popasna à sept reprises et le village de Luhanske une fois. Popasna se trouve à une centaine de kilomètres au nord de Donetsk.

M. Stelmakh ajoute que les rebelles ont tenté d'attaquer des positions ukrainiennes près du village de Shyrokyne, dans le sud du pays. Ce village est situé à proximité de la ville portuaire stratégique de Marioupol, sur la mer d'Azov.

Les rebelles souhaitent s'emparer de Marioupol afin de créer un lien terrestre entre la péninsule de la Crimée, que Moscou a annexée en mars, dernier, et la frontière avec la Russie.