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24/02/2015 04:54 EST | Actualisé 26/04/2015 05:12 EDT

Stephen Harper est pressé de faire adopter le projet de loi antiterroriste

OTTAWA - Stephen Harper «encourage» les membres du comité des Communes qui étudient le projet de loi antiterroriste de le faire «le plus vite possible».

Le premier ministre soutient que le projet de loi bénéficie d'un appui solide au sein de la population, et que les critiques de l'opposition néo-démocrate sont ridicules. Le Nouveau Parti démocratique, lui, accuse le gouvernement conservateur de vouloir faire adopter le projet de loi à toute vapeur.

Lors de la période de questions aux Communes, mardi après-midi, le chef néo-démocrate, Thomas Mulcair, a insisté sur l'importance d'étudier ce projet «en profondeur». Il a demandé par ailleurs au premier ministre Harper de s'assurer que les experts en matière de sécurité et de droits de la personne «soient non seulement entendus mais aussi écoutés».

Le projet de loi a été déposé à la Chambre des communes la semaine dernière dans la foulée des attentats commis à Saint-Jean-sur-Richelieu et Ottawa en octobre dernier, au cours desquels deux militaires ont été tués. Il a été adopté en deuxième lecture lundi, et est maintenant étudié par le comité de la sécurité publique des Communes, avant de revenir en Chambre pour l'étude article par article.

Le projet de loi conservateur accorderait notamment des pouvoirs accrus au Service canadien du renseignement de sécurité. Il prévoit aussi de faciliter le contrôle des faits et gestes de présumés terroristes, d'accroître les pouvoirs de la liste d'interdiction de vol, et de museler la propagande radicale. En vertu de ce projet de loi, il serait dorénavant criminel d'encourager quiconque à commettre un acte terroriste.

«J'encourage le comité à étudier le projet de loi le plus vite possible afin qu'on puisse adopter ces mesures, qui assureront la sécurité et la sûreté des Canadiens», a déclaré M. Harper.

Le NPD estime que le plan «inefficace» du gouvernement porte atteinte aux libertés civiles des Canadiens, alors que le Parti libéral s'est prononcé en faveur, tout en promettant, s'il est élu, d'accroître la surveillance des services du renseignement.

Le porte-parole du NPD en matière de sécurité publique, Randall Garrison, a accusé les conservateurs de vouloir faire adopter le projet de loi à toute vapeur. «Le gouvernement s'engage-t-il aujourd'hui (mardi) à une étude complète et correcte de cet important projet de loi ?»

Le NPD espère convier de 80 à 100 témoins au cours de la vingtaine de réunions que tiendra le comité. Il a déjà soumis une liste de 20 noms, dont quatre anciens premiers ministres et plusieurs juges de la Cour suprême à la retraite, qui ont récemment réclamé un plus vaste contrôle des activités des services de renseignements. Il souhaite aussi entendre l'ancienne inspectrice générale du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS), Eva Plunkett, dont le poste a été aboli pour des raisons budgétaires.

Selon des documents budgétaires publiés mardi, les dépenses prévues du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité, le seul organisme indépendant qui surveille les activités du SCRS, s'élèveront à 2,8 millions $ en 2015-2016, une faible augmentation par rapport à l'exercice financier actuel. Le budget du SCRS totalisera 537 millions $, une hausse de 21 millions $ par rapport à l'an dernier.