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24/02/2015 04:47 EST | Actualisé 24/02/2015 04:47 EST

Procès Jennifer Pawluck : ce n'est pas qu'une simple photo, plaide la Couronne

Radio-Canada.ca

Jennifer Pawluck, cette jeune femme accusée de harcèlement criminel à l'endroit du porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, connaîtra son verdict le 23 avril. Si elle est déclarée coupable, elle est passible de six mois de prison et d'une amende de 5000 $ maximum.

Mardi, les deux parties ont livré leurs plaidoiries devant la juge Marie-Josée DiLallo.

La défense a fait valoir que ce que la jeune femme avait diffusé n'était qu'une photo, illustrant un graffiti et portant une inscription, et qu'il ne fallait pas prendre cela au pied de la lettre.

La défense a aussi affirmé qu'il était surprenant que le policier représenté sur le graffiti, soit M. Lafrenière, se soit senti menacé, lui qui a pourtant de l'expérience.

En cour, lundi, M. Lafrenière avait expliqué qu'après avoir pris connaissance de l'existence du graffiti et de sa diffusion, il s'était senti harcelé et qu'il avait eu peur pour sa sécurité au point de déplacer sa famille hors du domicile familial pour un moment.

Le service de garde de ses enfants avait aussi été placé sous surveillance.

Ne pas négliger le contexte

La procureure de la Couronne a pour sa part demandé à la juge DiLallo de prendre en considération le contexte et notamment ce qu'évoque le graffiti en question : il s'agit d'une photo violente, illustrant le dessin d'un policier avec un impact de balle au milieu du front.

De plus, la photo du graffiti était accompagnée de mots-clics destinés à faciliter toutes recherches sur le sujet sur Internet. Enfin, la photo a été publiée sur un site public avec d'autres photos, comme celle représentant une banderole que Mme Pawluck a admis avoir fabriquée et sur laquelle on pouvait lire « Un flic, une balle ».

Par « contexte », la Couronne fait aussi référence au fait que la diffusion des photos succédait à une période de troubles, soit celle des manifestations étudiantes. Durant cette période, il était raisonnable, d'expliquer l'avocate de la Couronne, que le policier Ian Lafrenière se sente menacé puisqu'il avait fait l'objet de harcèlement.

La complexité des cas de harcèlement criminel

Il est admis que Jennifer Pawluck n'a pas dessiné le graffiti.

Mme Pawluck soutient qu'elle ne connaissait pas Ian Lafrenière et qu'elle n'avait pas l'intention de le menacer ni de le viser personnellement. Toutefois, la jeune femme a admis en contre-interrogatoire qu'elle entretenait une haine de l'institution que représentait la police.

Il est à noter que, dans les cas de harcèlement criminel, la couronne doit faire la preuve que l'auteur du crime a agi à l'encontre de la victime de sorte que cette dernière s'est sentie, à juste titre, harcelée.

Ou encore, la couronne doit faire la preuve que l'auteur du crime a agi sans se soucier que la victime ait pu se sentir harcelée.

De plus, il faut que les actes posés aient eu pour effet de faire raisonnablement croire à la victime que sa sécurité était menacée.

Avec les informations d'Isabelle Richer