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24/02/2015 12:47 EST | Actualisé 26/04/2015 05:12 EDT

Philippe Couillard refuse de renouveler sa confiance envers Yves Bolduc

QUÉBEC - Philippe Couillard laisse planer le doute sur la confiance que lui inspire son ministre de l'Éducation, Yves Bolduc.

La crédibilité du ministre Bolduc, entachée depuis des mois à la suite de bourdes répétées, a subi un autre coup dur la semaine dernière lorsqu'il a justifié sans la moindre réserve la fouille à nu d'une écolière dans une commission scolaire de Québec.

Le premier ministre avait alors senti le besoin d'intervenir personnellement dans ce dossier à l'Assemblée nationale pour annoncer qu'il n’y aura plus de fouilles à nu d’élèves dans les écoles du Québec.

En point de presse, mardi, lorsqu'un reporter lui a demandé s'il conservait toujours une confiance «totale et absolue» envers le ministre de l'Éducation, M. Couillard s'est limité à des généralités et n'a pas jugé opportun de mentionner le nom de M. Bolduc.

«Je suis très satisfait de la façon dont le gouvernement travaille en ce moment», a répondu le premier ministre au journaliste qui insistait pour connaître son avis sur la question.

Le chef du gouvernement a ajouté qu'il n'entendait pas, du moins pour l'instant, apporter des changements à son cabinet.

«Je ne planifie aucun changement aujourd'hui, je continue à travailler, notre conseil des ministres travaille très fort et j'en suis très satisfait», a-t-il dit.

En décembre dernier, le premier ministre libéral avait défendu avec beaucoup plus d'ardeur M. Bolduc lorsqu'un syndicat d'enseignants avait réclamé sa démission. Loin d'abandonner son ministre, il le présentait encore comme celui qui livrera au gouvernement la vision de l'école de demain.

Perçu comme un maillon faible, M. Bolduc est la cible des partis d'opposition en Chambre.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a relaté mardi d'autres «gaffes» du ministre Bolduc: sa réponse indifférente au manque de livres dans les écoles et sa décision, à titre de médecin et de député de l'opposition, d'encaisser une généreuse prime pour la prise en charge de patients abandonnés quelques mois plus tard.

«Quand on accepte d'être premier ministre, on accepte aussi d'avoir parfois des décisions difficiles à prendre. Pour le bien du Québec et des Québécois: qu'attend le premier ministre pour demander la démission du ministre de l'Éducation?», a lancé M. Legault.

Le premier ministre a rétorqué en appelant à la «tolérance».

«Soyons tolérants, apprécions les personnes comme elles sont», a dit M. Couillard.

Quand M. Legault a demandé s'il avait toujours confiance en M. Bolduc, le premier ministre a laissé tomber: «bien sûr, parce qu'il est ministre de l'Éducation au moment où je vous parle».