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24/02/2015 03:57 EST | Actualisé 26/04/2015 05:12 EDT

Paul Martin salue un projet-pilote de littératie pour les jeunes Autochtones

TORONTO - L'ancien premier ministre libéral Paul Martin soutient qu'un projet-pilote mené dans deux écoles primaires autochtones de l'Ontario a donné des résultats remarquables en lecture et en écriture, et qu'il devrait être imité dans tout le pays.

M. Martin est venu annoncer, mardi à Toronto, les résultats «renversants» de ce programme de littératie, d'une durée de quatre ans, mené dans les communautés des Premières Nations de Walpole Island (sur le lac Saint-Clair) et de Kettle and Stony Point (sur le lac Huron).

Alors que les élèves de 3e et de 6e années tiraient énormément de l'arrière en 2009 en lecture et en écriture, ils obtenaient quatre ans plus tard de bien meilleurs résultats — parfois même supérieurs aux normes nationales du ministère de l'Éducation.

L'ex-premier ministre croit maintenant que d'autres communautés autochtones du pays devraient suivre cet exemple, et il espère que le gouvernement fédéral investira dans des programmes similaires. Selon M. Martin, cela prouve aussi que les jeunes des Premières Nations peuvent s'accomplir si on leur en donne les moyens.

Depuis son départ de la politique active en 2008, M. Martin a consacré beaucoup de temps et d'énergies à l'éducation primaire et secondaire des enfants des Premières Nations. Il a d'ailleurs rappelé que ce projet-pilote n'avait pas été financé par les gouvernements mais par des organismes et des fondations, dont la sienne.

Le projet-pilote a été conçu par la professeure Julia O'Sullivan, doyenne de l'Institut ontarien d'études pédagogiques de l'Université de Toronto. Elle a expliqué mardi qu'il fallait d'abord «enseigner aux enseignants» comment transmettre efficacement leurs connaissances en littératie.

Le programme prévoit 90 minutes par jour en lecture et en écriture — en tout début de journée — pour tous les élèves du primaire. Près de 500 élèves de la maternelle à la 6e année ont participé au projet-pilote. Les résultats peuvent être facilement mesurés par les notes obtenues aux examens du ministère, qui sont les mêmes pour tous.

Ainsi, avant la mise en place du nouveau programme, le tiers des élèves de 3e année de ces deux écoles autochtones obtenaient une note égale ou supérieure à la norme fixée par le ministère en écriture; après le programme, ce taux de réussite atteignait 91 pour cent — contre 70 pour cent dans la population en général.

Le chef de la communauté de Kettle and Stony Point, Thomas Bressette, a indiqué que le problème tenait finalement au manque de ressources. «On doit quand même prévoir une période de rattrapage, parce que notre peuple a été regardé de haut et a accusé des retards à cause du sous-financement et des circonstances — pas parce que nous sommes ignorants, idiots, sans instruction ou incapables d'apprendre», a-t-il précisé.

Le projet-pilote, qui est maintenant terminé, a coûté 1,5 million $ sur quatre ans, mais selon l'ancien ministre des Finances de Jean Chrétien, le programme coûterait encore moins cher par école s'il était appliqué à plus large échelle.