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24/02/2015 12:00 EST | Actualisé 26/04/2015 05:12 EDT

Nouvelle taxe: Philippe Couillard tente de mettre fin à la confusion

QUÉBEC - Philippe Couillard a fait comprendre sans détour mardi à ses ministres trop bavards qu'il était le seul maître à bord.

«Il n'y a pas 25 gouvernements au Québec, il y en a un, il y a un message gouvernemental et on veut faire en sorte que ce message soit bien compris», a déclaré le premier ministre en point de presse, au terme d'une rencontre avec le président islandais Olafur Ragnar Grimsson.

M. Couillard a corrigé son ministre des Transports, Robert Poëti, qui dans une entrevue à Radio-Canada, avait défendu l'idée de financer l'exploitation et le développement des transports collectifs avec une taxe sur les propriétés construites à proximité d'une station de métro ou d'un train de banlieue.

Or, le gouvernement n'a pas l'intention de refiler une nouvelle taxe aux citoyens, a tranché M. Couillard.

«Je vais me borner à dire de façon très claire que le gouvernement du Québec n'entend pas proposer de nouvelles taxes, ce n'est pas notre programme, ce qu'on veut, c'est réduire le fardeau fiscal des Québécois», a-t-il argué.

Le chef du gouvernement libéral avait déjà exercé son autorité la veille à ce sujet alors que le ministre Poëti, après avoir vanté les vertus de la nouvelle taxe sur les propriétés sises à proximité des transports en commun, avait dû rebrousser chemin.

«On s'est assuré de transmettre le message gouvernemental de façon claire, ce que je viens de faire encore une fois», a souligné M. Couillard, confirmant implicitement l'intervention de son bureau auprès du ministre des Transports pour le forcer à revenir sur ses propos.

Le premier ministre a pris la décision la semaine dernière de limiter la liberté de parole de ses ministres pour mieux assurer le contrôle du message et éviter les dérapages. La nouvelle orientation suivait de peu la déclaration controversée du ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, sur la fouille à nu «respectueuse» d'une écolière de Québec.

Visiblement, le contrôle du message gouvernemental n'est pas encore au point. M. Couillard et son ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, ont envoyé mardi des signaux contradictoires au sujet de la nouvelle taxe évoquée par M. Poëti.

Le premier ministre a en effet indiqué que son gouvernement acceptera de discuter avec la Ville de Montréal si elle souhaite prélever une taxe sur les propriétés construites près d'un service de transport collectif.

«J'ai dit que si la Ville de Montréal voulait réclamer ce genre de pouvoir, c'est à elle de le faire, et que ce serait négocié», a dit M. Couillard.

Entrouverte par le premier ministre, la porte a aussitôt été refermée par le ministre Moreau.

«Si j'ai à décider si on donne ou non une source de taxation additionnelle basée sur cette formule-là, la réponse, c'est non», a affirmé M. Moreau, ajoutant qu'aucune demande en faveur d'une nouvelle taxe sur la propriété n'a émané jusqu'ici des tables de discussions avec les associations municipales et les villes de Québec et de Montréal.

En Chambre, le député caquiste François Bonnardel a entretenu le doute sur les intentions du gouvernement. Selon lui, les libéraux tentent de faire porter aux municipalités l'odieux de taxer encore plus les contribuables.

«Nous avons tous compris la véritable intention du gouvernement. Il ne veut pas créer cette taxe lui-même, il veut la sous-traiter aux municipalités. Comme pour les hausses de taxes scolaires et municipales, le gouvernement prend des moyens détournés pour taxer davantage les contribuables», a soutenu le député de Granby.