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24/02/2015 01:29 EST | Actualisé 26/04/2015 05:12 EDT

Mélanie Joly candidate à l'investiture libérale à Montréal

OTTAWA - Rares étaient ceux qui voyaient Mélanie Joly s'éloigner de la chose politique bien longtemps. La principale intéressée leur a donné raison en annonçant mardi sa candidature à l'investiture du Parti libéral du Canada (PLC) dans la circonscription d'Ahuntsic—Cartierville.

«Ramener Montréal à l'agenda des priorités fédérales, lutter concrètement contre les changements climatiques et contre les inégalités sociales, voilà pourquoi je me porte candidate à l'investiture», a déclaré par voie de communiqué l'ex-candidate à la mairie de Montréal.

Le PLC «représente mes valeurs et je veux faire partie de la solution», a poursuivi Mme Joly, disant vouloir «tout mettre en oeuvre» pour que la circonscription montréalaise «n'échappe pas encore une fois» aux libéraux lors des prochaines élections, prévues pour octobre 2015.

Le chef libéral Justin Trudeau s'est réjoui de son entrée en scène: «Mélanie Joly est une femme d'idées, de convictions, mais aussi de terrain. Ça fait longtemps que je la connais et j'ai énormément de respect pour elle», a-t-il déclaré en point de presse au parlement, mardi.

Il a cependant assuré qu'il l'encourageait au même titre qu'il soutenait tous les autres candidats à l'investiture de la circonscription montréalaise.

«Ça va être le choix des citoyens d'Ahuntsic», a résumé M. Trudeau, qui comptait Mme Joly parmi son équipe d'organisateurs lors de la course à la direction du PLC, qu'il avait finalement remportée en avril 2014.

Dans l'éventualité où elle serait choisie comme porte-couleurs pour les libéraux, elle ferait notamment la lutte à Maria Mourani, qui se présentera sous la bannière néo-démocrate dans cette circonscription du nord de Montréal.

En entrevue avec La Presse Canadienne, mardi, cette dernière a refusé de commenter directement la candidature de Mélanie Joly.

«Je ne suis pas le genre de personne à faire des commentaires personnels sur mes futurs adversaires. Je préfère laisser ça aux autres; que les gens pensent ce qu'ils veulent», a lancé Mme Mourani à l'autre bout du fil.

«Quel que soit le candidat ou la candidate qui sera choisie par le PLC ou les autres partis, pour nous, ça ne change pas grand-chose. On va travailler fort, comme d'habitude», a-t-elle conclu.

Mélanie Joly jouit d'une notoriété enviable, mais en revanche, l'annonce de son retour en politique a suscité des commentaires parfois critiques, voire très acerbes, sur les réseaux sociaux, où certains internautes lui ont reproché un manque de cohérence.

L'avocate de formation s'est fait connaître du grand public pendant la campagne électorale municipale à Montréal, en novembre 2013.

Celle qui briguait rien de moins que le poste de maire de la métropole avait causé la surprise en récoltant 26,5 pour cent des voix, revendiquant ainsi la deuxième position derrière Denis Coderre, qui l'avait finalement emporté avec 32,2 pour cent des suffrages.

«Je suis là pour rester en politique municipale. (...) Mon intention, c'est de briguer la mairie en 2017», avait-elle martelé au lendemain de sa défaite électorale.

Moins d'un an après, en septembre 2014, elle quittait la direction de la formation politique qu'elle avait fondée pour les élections, Vrai changement pour Montréal, disant vouloir se consacrer à un projet d'affaires et à la philanthropie.

Quelques mois plus tard, en février 2014, elle participait au congrès bisannuel du PLC, à Montréal, à titre de conférencière invitée, mais niait avoir l'intention de refaire le saut dans l'arène politique.

Elle a fini par reconnaître, il y a deux semaines, que le vent avait tourné.

«Depuis un an et demi, j'ai refusé toutes les offres d'engagement politique, tant au provincial qu'au fédéral», écrivait-elle à La Presse Canadienne dans un échange de courriels.

«Toutefois, j'admets que la pression s'est accentuée récemment et qu'elle n'a jamais été aussi grande, alors, pour la première fois depuis longtemps, j'y réfléchis», concluait Mme Joly.

La rumeur de son arrivée dans la course a incité cinq candidats à l'investiture à effectuer une sortie, jeudi dernier, pour rappeler que tous les candidats devaient se plier aux mêmes règles.

Dans un communiqué, les aspirants disaient tenir «au respect du processus démocratique» et insistaient sur le fait que «les milliers de citoyens membres» du PLC dans Ahuntsic—Cartierville avaient «le droit de choisir leur représentant pour les élections fédérales à venir».

Avec l'arrivée de Justin Trudeau à sa tête, le PLC s'est doté de nouvelles règles au chapitre du choix des candidats afin de remettre ce pouvoir entre les mains des membres.

Une source du parti a affirmé, en réaction à la sortie publique des candidats, que les règles en question seraient suivies et que l'investiture serait ouverte dans la circonscription montréalaise «comme dans toutes les autres» à travers le pays.

Au cours des derniers mois, le PLC a été accusé par des candidats qui espéraient une nomination d'avoir contrevenu aux règles sur les investitures ouvertes en bloquant leur candidature dans l'objectif de favoriser celle de candidats vedettes.

Deux de ces candidats malheureux à l'investiture dans des circonscriptions ontariennes, Christine Innes et David Bertschi, ont entamé des démarches judiciaires après avoir été mis à l'écart par la formation politique.