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24/02/2015 11:56 EST | Actualisé 26/04/2015 05:12 EDT

Le président du GIEC démissionne pour des allégations de harcèlement sexuel

NEW DELHI - Le président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a démissionné, mardi, dans la foulée d'allégations de harcèlement sexuel d'une collègue.

L'économiste indien Rajendra K. Pachauri, âgé de 75 ans, présidait l'organisme international depuis 2002, et avait accepté en son nom le prix Nobel de la Paix en 2007.

Le GIEC «doit pouvoir compter actuellement sur une direction forte, sur un dévouement entier et sur toute l'attention de la présidence, ce que je ne pourrais peut-être pas assurer dans les circonstances», écrit M. Pachauri dans une lettre au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

M. Pachauri n'élabore pas davantage, si ce n'est pour indiquer qu'il ne participera pas à une réunion cette semaine à Nairobi, au Kenya, afin de s'occuper de «questions qui requièrent toute son attention en Inde».

Une femme âgée de 29 ans l'accuse en Inde de l'avoir harcelée sexuellement alors qu'ils travaillaient ensemble au sein d'un organisme de recherche et de lobbying de New Delhi, l'Institut des ressources énergétiques.

Selon un rapport de police, la femme a fourni des dizaines de textos et de courriels qui lui auraient été envoyés, selon elle, par M. Pachauri. Un tribunal de New Delhi a ordonné lundi au suspect de collaborer à l'enquête policière. M. Pachauri nie les allégations et a promis son entière collaboration avec les autorités.

La police interrogera par ailleurs une deuxième femme qui accuse M. Pachauri de harcèlement sexuel mais qui n'a pas formellement porté plainte.

Le GIEC a indiqué que c'est son vice-président, Ismaïl El Gizouli, qui assurera l'intérim, jusqu'à l'élection du nouveau président, déjà prévue en octobre. M. Pachauri terminait son deuxième mandat et avait déjà indiqué qu'il ne se représenterait pas.

Les allégations ont causé tout un émoi en Inde, où les femmes sont stigmatisées lorsqu'elles dénoncent le harcèlement sexuel au travail, ce qui ne fait rien pour décourager les abuseurs.