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24/02/2015 11:12 EST | Actualisé 26/04/2015 05:12 EDT

Le projet Énergie Est de TransCanada est incomplet pour le moment, dit l'ONÉ

MONTRÉAL - L'Office national de l'énergie (ONÉ) considère que le projet Énergie Est de TransCanada demeure incomplet pour le moment puisque l'entreprise n'a toujours pas rendu sa décision concernant ses plans de terminal maritime à Cacouna.

Cela signifie qu'il s'écoulera encore plusieurs mois avant que l'organisme fédéral soit en mesure de déterminer s'il peut donner le feu vert ou non au processus d'audiences publiques, a indiqué mardi son président, Peter Watson.

«Le processus formel (d'audiences) ne pourra débuter tant que l'analyse du dossier ne sera pas complétée», a-t-il dit au cours d'une entrevue téléphonique.

M. Watson a expliqué que l'Office considère pour le moment que le dossier soumis par TransCanada (TSX:TRP) demeure incomplet tant que l'entreprise n'aura pas pris de décision concernant le terminal de Cacouna.

«C'est la conclusion de notre personnel parce que nous attendons plusieurs informations importantes en ce qui a trait à l'emplacement d'un terminal (maritime)», a-t-il analysé.

Plusieurs reportages affirment que la société a renoncé à son projet à Cacouna en raison de la présence de bélugas — une espèce en voie de disparition — et que l'entreprise envisage trois autres sites; Bécancour, Lévis ou Baie-des-Sables, dans le Bas-Saint-Laurent.

L'entreprise albertaine, qui assure ne pas avoir encore décidé si elle allait abandonner ou non son projet à Cacouna, se donne jusqu'au 31 mars pour rendre sa décision.

Le projet Énergie Est vise à acheminer quotidiennement environ 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux albertains à travers un oléoduc de quelque 4600 kilomètres vers le Québec et le Nouveau-Brunswick.

Même si l'on ignore pour l'instant le tracé final qu'empruntera l'oléoduc en sol québécois, M. Watson a estimé que cette situation n'était pas hors du commun et n'empêcherait pas l'Office d'étudier le projet.

«Dans le cadre des consultations et des audiences publiques, TransCanada pourrait ajuster le tracé pour satisfaire divers intervenants», a-t-il expliqué.

En dépit de l'incertitude entourant Cacouna et des pressions de groupes écologistes et de différents intervenants, M. Watson a réitéré que l'Office ne suspendra pas le processus d'inscription aux audiences, qui se termine le 3 mars.

L'automne dernier, TransCanada a déposé devant l'ONÉ plus de 30 000 pages de documents en plus d'en soumettre 10 000 autres la semaine dernière, a fait savoir le président de l'organisme fédéral.

M. Watson a défendu la décision de l'Office de ne pas traduire en français la totalité des pages déposées par la société pétrolière puisque la Loi sur les langues officielles lui permet de demander d'être servie en anglais.

«C'est une situation difficile pour nous parce que TransCanada peut choisir de déposer son avis en anglais et d'être servie dans cette langue, a-t-il dit. De notre côté, nous devons servir la population dans les deux langues officielles.»

Le président de l'Office estime toutefois qu'il y a suffisamment de documents disponibles dans la langue de Molière pour permettre aux francophones du Québec et du Nouveau-Brunswick de déterminer s'ils désirent s'inscrire aux audiences.

Après avoir entrepris leur tournée dans l'Atlantique, les dirigeants de l'ONÉ sont au Québec depuis dimanche. Ils ont déjà rencontré des représentants de la Vieille-Capital et de Lévis.

Ils doivent faire escale à Montréal la semaine prochaine, notamment pour rencontrer la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui représente 82 villes et 3,8 millions d’habitants.

Le dossier du projet d'inversion de l'oléoduc de la Ligne 9B d'Enbridge (TSX:ENB) sera assurément à l'ordre du jour, puisque la CMM estime que certaines réponses fournies par l’entreprise demeurent «incomplètes».

L’organisme est surtout préoccupé par le franchissement des cours d’eau de l’oléoduc ainsi que les mesures d’urgence en cas de déversement.

En plus d'aborder le dossier de la sécurité entourant les oléoducs, M. Watson espère que cette tournée servira à démystifier le rôle de l'ONÉ.

«Notre organisme est très technique, a concédé le président de l'Office. Nous devons nous améliorer afin de publier de l'information de façon plus claire au public.»