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24/02/2015 08:18 EST | Actualisé 26/04/2015 05:12 EDT

Le groupe armé État islamique aurait kidnappé 70 chrétiens en Syrie

BEYROUTH - Des djihadistes du groupe armé État islamique auraient kidnappé au moins 70 chrétiens, dont des femmes et des enfants, après avoir capturé une série de villages dans le nord-est de la Syrie, ont indiqué mardi deux groupes militants.

Les extrémistes sunnites ciblent fréquemment les minorités ethniques et religieuses depuis qu'ils se sont emparés de vastes territoires en Irak et en Syrie.

Les combattants du groupe ont pillé des églises, démoli des mosquées chiites et sunnites et réduit en esclavage des femmes de la communauté yézidie, qu'ils considérent comme étant des hérétiques.

La plus récente offensive a débuté avant l'aube lundi, quand les militants ont balayé des villages le long de la rivière Khabour, près de la ville de Tal Tamr, dans la province d'Hassakeh. La région est principalement habitée par des Assyriens, un peuple chrétien autochtone qui retrace ses origines jusqu'aux anciens Mésopotamiens.

Les djihadistes auraient capturé entre 70 et 100 Assyriens, selon ce que rapporte le militant Nuri Kino, le directeur d'une organisation qui défend les droits des minorités au Moyen-Orient. Il dit que 3000 personnes ont pris la fuite et se sont réfugiées dans les villes voisines.

M. Kino dit s'être entretenu avec des réfugiés et leurs proches.

L'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, affirme de son côté que le groupe État islamique a capturé 90 chrétiens.

Les deux groupes indiquent que la plupart des captifs proviennent du village de Tal Shamiram, à environ 85 kilomètres au sud-ouest de la capitale provinciale de Qamishli.

Le Réseau assyrien des droits de la personne en Syrie a affirmé sur Facebook que les otages sont maintenant détenus dans le village d'Umm al-Masamir, sur le mont Abdulaziz, à environ 25 kilomètres au sud de Tal Shamiram. On craint que les otages ne servent de boucliers humains en cas d'affrontements avec des miliciens kurdes. Les otages pourraient aussi servir d'appât pour organiser un échange de prisonniers.