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24/02/2015 02:59 EST | Actualisé 26/04/2015 05:12 EDT

Kovalev encense Pascal et refuse de regarder plus loin que le 14 mars

MONTRÉAL - Sergey Kovalev et Jean Pascal doivent garder toute leur agressivité pour leur combat du 14 mars. La téléconférence de mardi n'a donné lieu à aucun échange acrimonieux entre les deux pugilistes, qui semblent pour l'instant éprouver le plus grand respect l'un pour l'autre.

Pour Kovalev (26-0-1, 23 K.-O.) champion WBA, WBO et IBF des mi-lourds, Pascal (29-2-1, 17 K.-O.) se voulait le meilleur boxeur disponible. Pour le Québécois de 32 ans, le Russe, d'un an son cadet, se veut simplement un défi très difficile à relever.

«C'est vrai que Pascal sera mon plus coriace adversaire en carrière, a admis Kovalev. Mais je me suis battu contre des gars solides auparavant. Je ne doute pas qu'il soit bon, le meilleur que j'aie affronté. Mais dans le ring, je ne serai pas là pour discuter. Ce que je veux, et c'est ce que je tente toujours de faire dans le ring, c'est de gagner. C'est sur quoi je travaille à chaque jour et que je ferai jusqu'au 14 mars.»

Jamais à court d'images colorées, Pascal se voit comme le Rocky Noir dans ce duel face au «méchant Russe venu se battre en Amérique».

«Comme Rocky face à Ivan Drago, je serai le grand négligé de ce combat. Mais comme Rocky, je vais causer la surprise. Je veux être le 'Black Balboa'.»

Plus sérieusement, le clan Pascal sait que la tâche sera colossale.

«Contre un adversaire de la trempe de Kovalev, vous devez élever votre jeu d'un cran, autant comme boxeur que comme entraîneur, a fait part Marc Ramsey, l'entraîneur de Pascal. C'est exactement ce que Jean fait actuellement. Je suis très à l'aise avec la planification que nous avons en place et le camp que nous connaissons jusqu'ici.»

Pascal s'est un peu emporté quand un journaliste lui a fait valoir que Kovalev s'était mieux sorti d'affaires face au «seul» adversaire commun entre les deux hommes, le vétéran Bernard Hopkins, qu'il a dominé pendant 12 rounds pour remporter une victoire par décision unanime en novembre dernier.

«Nous avons aussi affronté Darnell Boone et je m'en suis mieux sorti que lui», a fait remarquer Pascal, qui a livré une nulle majoritaire et perdu par décision unanime contre Hopkins. Contre Boone, Pascal a signé un gain par décision unanime, alors que Kovalev a remporté une décision partagée à son premier combat contre Boone, avant de le terrasser en deux rounds à leur duel suivant.

Pas de tests antidopage

Les esprits se sont tout de même échauffés un peu quand ont été abordés les tests antidopage. Si Kovalev avait au départ accepté de se soumettre aux tests — payés par le clan Pascal —, il souhaitait que ceux-ci soient menés par la VADA (Voluntary Anti-Doping Association), une agence surtout reconnue dans le milieu de la boxe, tandis que Pascal souhaitait que les tests soient effectués par l'Agence mondiale antidopage.

Cette question a mené à un échange plutôt houleux entre Pascal et Kathy Duva, présidente de Main Events, pour qui Kovalev avait le dernier mot puisqu'il est le champion, peu importe que Pascal paie ou non pour ces tests.

«La VADA n'a pas la crédibilité nécessaire pour mener ces tests», a martelé Pascal.

«Tu n'as pas à dire que la VADA n'est pas crédible», lui a sèchement rétorqué Duva, avant qu'un membre du clan Kovalev n'intervienne pour dire que les deux parties ne s'entendront pas de toute façon qu'il n'y avait plus rien à ajouter sur le sujet.

D'autre flèches pour Stevenson

Autant Pascal que Kovalev ont dû répondre à des questions sur un éventuel combat avec Adonis Stevenson, champion du monde WBC de la division. Les deux boxeurs en ont encore profité pour décocher des flèches à l'endroit de celui qui défendra son titre le 4 avril face à Sakio Bika.

«Il trouvera encore le moyen de se défiler, a noté Pascal. Il va marchander sur le partage de la bourse, ensuite il dira qu'on ne boxe pas sur le même réseau... Toutes les raisons seront encore bonnes pour ne pas m'affronter.»

«Je m'en fou, a tout simplement laissé tomber Kovalev, qui devait initialement affronter le Montréalais d'origine haïtienne en lieu et place de Hopkins. Je ne pense qu'au 14 mars et à Jean Pascal.»

Environ 12 000 spectateurs

Bédard souhaite offrir une ambiance digne de l'enjeu aux protagonistes du combat final et mettra tout en oeuvre pour attirer le plus de gens possible au Centre Bell. Pour l'instant, il estime que la foule devrait se chiffrer autour de 12 000 spectateurs.

«L'expérience télé est meilleure de combat en combat, a expliqué Bédard. Ce qu'on voyait il y a cinq ans n'est pas comparable à ce qui est offert aujourd'hui, avec l'accès maintenant accordé. De plus, avec les écrans géants, les gens préfèrent maintenant acheter le combat à la télé à la carte au lieu de se retrouver dans le haut de l'aréna à 50 $. Nos ventes à ce chapitre sont de plus en plus fortes, d'ailleurs. Il nous faut donc voir comment se portent les ventes pour ce combat.

«En même temps, la demande pour le parterre est très forte actuellement, alors nous auront une très bonne foule. Souhaitons que nous pourrons avoir 15 000 spectateurs sur place.»