POLITIQUE
23/02/2015 10:31 EST

Manifestations et occupations contre «l'austérité» (VIDÉO)

Réunis dans le calme devant les bureaux du premier ministre du Québec Philippe Couillard, au centre-ville de Montréal lundi midi, des manifestants anti-austérité ont décidé de fausser compagnie aux policiers chargés de leur supervision.

Les quelque 250 manifestants, qui répondaient à l'appel de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics et de la Coalition pour la survie des services publics, se sont mis en marche et ils ont tenté d'entrer dans les bureaux de la Banque Laurentienne à quelques pas de leur lieu de rassemblement.

La porte-parole de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, qui réunit quelque 85 groupes sociaux, Kim De Baene soutient que les militants veulent ainsi « démontrer le ras-le-bol des mesures d'austérité qui sont appliquées aux personnes les plus pauvres ainsi qu'à la classe moyenne ».

La manifestation, à laquelle s'ajoute une autre manifestation aux abords de l'UQAM, s'inscrit dans le cadre d'une semaine « d'actions dérangeantes » initiée par la coalition de Mme De Baene. « On parle de 40 à 45 actions connues, mais d'autres sont inconnues », ajoute-t-elle, en confiant que des manifestants occupaient au même moment les bureaux de l'Association des banquiers canadiens. « L'association a un ensemble de membres, dont la HSBC qui est connue pour le "SwissLeak" et toute l'évasion qu'il y a autour de ça », poursuit-elle.

« On n'arrête pas de répéter qu'on veut l'équilibre budgétaire, mais l'équilibre budgétaire, ce n'est pas au [prix du] saccage des services sociaux qu'il faut aller le chercher. » — Kim De Baene

« On dénonce les actions gouvernementales, c'est de l'austérité ciblée », précise la porte-parole de la coalition. « C'est avec des mesures fiscales justes qui existent, ajoute Mme De Baene. Il y a des milliards de dollars qui dorment un peu partout, on ne les prend pas. »

La co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, et une autre députée du parti, Manon Massé, participent à la « manif-action ».

Le lancement de la campagne s'est fait en marge du premier évènement de la semaine organisé par le collectif « Profs contre l'austérité », hier, au centre-ville de Montréal. La population était invitée à écrire ses messages à l'intention du gouvernement à la craie, sur des ardoises installées au parc Émilie-Gamelin, là où les étudiants se réunissaient pour dénoncer les hausses de droits de scolarité lors du printemps 2012.

« Un gouvernement élu pour redresser les finances publiques » - Martin Coiteux

Les manifestations sont légitimes, reconnaît le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, qui avertit toutefois que le blocage d'un colloque, comme ce fût le cas le week-end à Gatineau, est inacceptable. Il en va de même, selon lui, des perturbations économiques qui empêcheraient les gens d'aller travailler.

« Le gouvernement a été élu, non pas pour créer de nouveaux paliers d'imposition [...]; il a été élu pour ramener l'équilibre des finances publiques, relancer l'économie et éventuellement réduire le fardeau fiscal qui nous empêche d'avancer collectivement », a-t-il dit lundi en entrevue à Radio-Canada.

Le président du Conseil du Trésor estime que tout le monde est appelé « à faire des choix à l'intérieur de l'enveloppe budgétaire qu'on est capable d'avoir ».

« Il n'y a rien de révolutionnaire là-dedans, poursuit-il. Il s'agit de vivre à l'intérieur de nos moyens réels. » Il avance que « si on dépense plus qu'on gagne collectivement, on ne fait que reporter le problème à plus tard » et que la facture ne sera que plus difficile à acquitter le moment venu.

Se défendant de couper dans les services aux citoyens, le ministre des Finances soutient « couper dans les structures ». Il souligne le cas des agences régionales de santé que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, propose d'éliminer. « Ce qu'il est en train de faire, c'est d'économiser, à terme, 220 millions de dollars pour qu'on puisse le remettre dans les soins à la population. »

« Ce que l'on fait, c'est qu'on coupe - en bonne partie - dans les structures. Les structures et les services aux citoyens ce n'est pas la même chose. » — Martin Coiteux

Le ministre Coiteux entend ainsi « casser un cycle » qui « porte atteinte à la prospérité » de l'économie québécoise. Il précise que « des dépenses excessives entraînent des impôts excessifs, ça fait des entreprises qui investissent moins, ça fait des consommateurs qui consomment moins. En définitive, ça fait moins d'argent pour l'État pour financer les programmes sociaux. »

M. Coiteux promet d'atteindre l'équilibre budgétaire dès le prochain exercice financier. Il précise que les Québécois auront, à ce moment, « une belle surprise ».

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